DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Blair

20 juillet 2003
Enregistré dans : Economie, International — RDDV @ 2:07 am --- Imprimer ce Post

Mardi 19 novembre. Il est tôt à la gare du Nord, où j’ai rendez-vous avec Alain Juppé, Jean-Claude Gaudin, Philippe Douste-Blazy que j’accompagne, en tant que Président du groupe parlementaire d’amitié France – Grande Bretagne et Irlande du Nord, pour une journée à Londres.

Eurostar. Le tunnel sous la Manche. Que de découvertes ! Un peu de retard. Attention à la répétition car cela remet l’avion dans le coup… L’arrivée à Waterloo Station au cœur de cette ville magnifique, certes contrastée, mais rayonnante d’une vraie puissance. Paris ne doit pas s’endormir ! Nous arrivons en retard dans les splendides locaux du Parlement pour rencontrer le leader du parti conservateur, Mr. Duncan Smith. Cet homme élégant et intelligent nous « signifie » sa conception de l’Europe. Il est notre « homologue », notre partenaire logique ! Il faudra que l’eau coule sous les ponts de Londres et de Paris pour que se crée une dynamique européenne entre nous. Mais c’est l’objectif que rappelle avec tact et mesure Alain Juppé. Je comprends la fierté du leader conservateur, sa volonté de défendre les couleurs de son pays, de sa famille politique. A nous de le rendre moins sensible aux sirènes « européennes » de Philippe de Villiers…

Déjeuner dans un prestigieux Club anglais avec de nombreux chefs d’entreprises français. Lieu magique. « L’atmosphère » rare et impressionnante de la grande tradition britannique. Les siècles façonnent une perfection décontractée et chaleureuse. Mais attention à la fausse note dans cet univers rituel et parfait.

Une magnifique bibliothèque abrite des échanges vifs et directs où se mêlent les clichés sur les différences entre les deux pays, les expériences vécues, racontées avec la passion justifiée par le risque et la réussite, la volonté pour nous de défendre malgré tout le « modèle » français qui doit se réformer — c’est notre objectif politique – mais que nous aimons ! Curieux dialogue parfois entre des Français que séparent désormais un mode de vie et un système de valeurs assez différents de ceux que l’hexagone façonne…

En présence de nos amis journalistes, à plusieurs reprises, Alain Juppé sauve la France !

Au fur et à mesure que nous nous rapprochions du moment fort de la journée – la rencontre avec le Premier Ministre Tony Blair – me revint en mémoire avec brutalité et ivresse son discours à l’Assemblée Nationale au cours de la dernière législature.

Dans un français parfait, avec l’efficacité conférée par le talent, le charisme et l’esprit d’à propos, il a désespéré définitivement ses « amis » socialistes français par l’évocation d’un souvenir estudiantin aux contours tectoniques !

Saint Germain des Prés. Un bar. Un patron. Des clients. Des pourboires. Une caisse pour les déposer sans délai. Une promesse de répartition équitable en fin de mois… La fin de non recevoir du patron ! D’où la conclusion, torride, définitive, jubilatoire pour la droite : « ce jour-là j’ai compris le socialisme à la française… » Nous debout ! Eux, le gouvernement et la majorité socialiste furieux, amers, trahis, provoqués, impuissants, venimeux, anti-anglais !

10 Downing Street. Je croyais que c’était une petite maison au bord d’une rue passante… C’est un lieu protégé – ce qui est plus que normal – et « habité » à tous les sens du terme. Ni bureau solennel, ni résidence accessible, tout à la fois le siège du pouvoir et le lieu vivant, prestigieux mais chaleureux. Au moment de la photo finale, les exclamations du jeune Léo, le fils de Tony Blair que le protocole n’a pas cherché à éloigner.

Alain Juppé rencontre tout d’abord en tête à tête Tony Blair. Le « messager » préféré de Jacques Chirac avait certainement un objectif… Nous discutons dans la salle du Conseil avec l’équipe du Premier Ministre. Atmosphère directe, amicale, conviviale, constructive. Les divorces rituels entre nous n’arrivent pas à éliminer la proximité culturelle, politique, humaine.

L’entrée de Tony Blair restera longtemps dans ma mémoire. Une vraie lumière. Celle de l’âme, du physique, de l’être. En chemise. Sans veste. Sans huissier. Avec l’apparat de ce qu’il est.

Un grand Européen, résolu à convaincre son peuple de la nécessité de l’Euro… Ce qui est un défi à sa portée ! Un homme au rayonnement exceptionnel.

Fin de l’entretien. Il disparaît dans son bureau, contigu. Un coup de fil avec Bush… Non ! Il va chercher sa veste pour la photo finale.

Malgré la force de cette rencontre, qui n’a pas besoin de support sur papier, je veux l’immortaliser. Il me faut les coordonnées du photographe de l’agence Gamma, qui était avec nous. C’est urgent et impératif ! Pas par orgueil personnel. Pour fixer ce moment fort de ma vie politique.

J’admire Alain Juppé face à la presse, cherchant avec malice, « sadisme » et intelligence à nous faire avouer notre proximité, notre complicité avec Tony Blair, même si sa réussite – soyons juste – repose sur les fondations de Margaret Thatcher…

Il résiste. Du coup, ils cherchent à lui faire annoncer la date du prochain sommet franco-britannique… Histoire de créer l’harmonie entre lui et Dominique de Villepin ! ! !

Dimanche 24 novembre. Eurostar. Rebelote ! Pour être à l’heure, le lendemain matin, à une conférence « ministérielle » sur le crime organisé dans l’Europe du sud-est, où Dominique de Villepin m’a fait le clin d’œil amical de me désigner pour diriger la délégation française…

Journée étonnante à bien des égards ! Je révélerai pourquoi le moment venu, que j’espère le plus proche possible !

Journée précédée par un dîner avec une équipe de diplomates français, particulièrement intelligents et accueillants, et une nuit dans cette très belle ambassade dont le nouveau maître est aussi subtil que prospectif, attentif à tout et à chacun, parfaitement à l’aise dans cette grande fonction républicaine.

Je retrouve le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Jack Straw, que nous avions rencontré mardi. Précis. Volontaire. Energique. Fier d’être l’inspirateur de ce rassemblement de la Grande Europe, qui doit rester proche des réalités citoyennes pour ne pas devenir une utopie élitiste.

Il introduit le véritable responsable de la lutte contre la criminalité organisée, Mr. David Blunkett.

Quelle belle revanche sur l’adversité de la vie. Un ministre de l’Intérieur aveugle, dont l’autorité naturelle, la fermeté rayonnante et l’intelligence particulièrement percutante sont un pied de nez au handicap.

Au terme de son brillant discours, de la mobilisation souhaitée par le Royaume-Uni et l’Union Européenne contre les mafias, les trafics, les crimes d’origine balkanique, il repart de la magnifique salle richement décorée de Lancaster House, escorté par son chien. Quelle vision incroyable ! Quelle grande capacité au respect que celle de l’opinion publique britannique… En serions-nous capables ? C’est un beau défi symbolique à relever - Un de plus !

Je débute l’après-midi par la séance de questions d’actualité à la Chambre des Communes, grâce à l’hospitalité improvisée mais chaleureuse du « speaker » de la Chambre. Dans ce temple de la démocratie parlementaire, je suis frappé par la vivacité des débats, mais aussi par le respect de l’institution. En entrant dans la salle des débats, où gouvernement et majorité font ensemble face à l’opposition, chaque parlementaire marque un temps d’arrêt sur une bande blanche fixée au sol et salue d’un mouvement de tête. Une sorte de purification avant le débat démocratique…

Tony Blair est percutant, malgré les difficultés générées par la grève générale des pompiers, qui commence à paralyser nombre d’activités dans le pays. L’armée est réquisitionnée pour garantir la sécurité des édifices et des moyens de transport performants mais vulnérables.

Il essaye de justifier la fermeté de son gouvernement par la nécessité d’éviter l’extension des revendications à l’ensemble des services publics. \n

Pourquoi priver les uns de ce que les autres auraient obtenu ? C’est en règle générale, en Grande-Bretagne comme en France, la difficulté d’une négociation à chaud.

Au moment de ces débats, je pense à la « méthode Raffarin » et à l’habileté de Gilles de Robien qui permettent de sortir du risque de paralysie du pays. Au-delà des problèmes des transporteurs routiers, si nous réussissons la réforme des retraites en 2003, la pratique gouvernementale française fera référence… européenne !

Dernière étape de la journée : la prise de contact avec Madame Joyce Quin, Député, mon homologue à la présidence du groupe d’amitié parlementaire britannico-français.

Elle a été Ministre des Affaires Européennes. Elle parle remarquablement français – je me trouve nul car mon anglais est loin d’être parfait ! Sa vivacité d’esprit, son humour élégant et sa tranquille fermeté me permettent d’envisager un travail fructueux pour célébrer dans un an le centenaire de l’entente cordiale… qu’auront d’ici-là certainement fêté le Président de la République Jacques Chirac et Tony Blair ! ! !

Je débute l’après-midi par la séance de questions d’actualité à la Chambre des Communes, grâce à l’hospitalité improvisée mais chaleureuse du « speaker » de la Chambre. Dans ce temple de la démocratie parlementaire, je suis frappé par la vivacité des débats, mais aussi par le respect de l’institution. En entrant dans la salle des débats, où gouvernement et majorité font ensemble face à l’opposition, chaque parlementaire marque un temps d’arrêt sur une bande blanche fixée au sol et salue d’un mouvement de tête. Une sorte de purification avant le débat démocratique…

Tony Blair est percutant, malgré les difficultés générées par la grève générale des pompiers, qui commence à paralyser nombre d’activités dans le pays. L’armée est réquisitionnée pour garantir la sécurité des édifices et des moyens de transport performants mais vulnérables.

Il essaye de justifier la fermeté de son gouvernement par la nécessité d’éviter l’extension des revendications à l’ensemble des services publics.

Je lui propose d’assister à la rencontre de rugby le 15 février France – Angleterre… Je comprends que ce n’est pas son sport favori… Je transformerai l’essai une autre fois !

Compétition internationale
 
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Budget

9 juin 2003
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Le budget, ce sont les moyens financiers nécessaires pour assurer les fonctions de l’Etat et la solidarité.
Mais, le budget, ce sont aussi nos impôts. Nous devons donc être extrêmement rigoureux en matière budgétaire, à la fois quantitativement et qualitativement.
Les critères de convergence européenne nous imposent une rigueur quantitative dont il n’est pas question de s’éloigner ; mais nous devons également être très attentifs à l’allocation des moyens, à leur pertinence et à leur efficacité.

 
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Croissance


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Le gouvernement socialiste a bénéficié, tout au long de sa législature, d’une croissance internationale qu’aucun de ses prédécesseurs n’aurait osé espérer. Ce contexte favorable est en grande partie responsable du recul du chômage que notre pays a connu de 1997 à 2001.
Mais le gouvernement socialiste n’a profité en rien de cette croissance pour engager les réformes de fond dont notre pays a impérativement besoin (réforme de l’Etat, réforme de la fiscalité et des charges sociales, réforme des retraites…), pas plus qu’il n’a redistribué les fruits de la croissance aux Français : seule une partie infime des 500 milliards de francs (76 milliards d’euros) d’excédents de recettes fiscales a par exemple été rendue aux contribuables.

 
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Charges sociales


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La France se situe au 4ème rang européen pour le niveau de ses salaires bruts. En revanche, elle se situe au 12ème rang en matière de pouvoir d’achat ! Entre les deux, se trouvent les impôts et les charges sociales.
Principale source de financement de la protection sociale, le poids des charges sociales sur le PIB (en 2000) est de 16,4 % dans notre pays quand la moyenne de l’UE est à 11,4% et celle de l’OCDE à 9,4 %.
Alors que le gouvernement Juppé avait mené une politique active d’allègements de charges sociales sur les bas salaires ( qui s’est traduite par la création de 400 000 emplois entre 1994 et 2000), le problème demeure aujourd’hui pour le poids des charges patronales sur les emplois qualifiés, ce qui prive la France de nombreux talents. Dès lors, pour accentuer les effets d’une reprise de la croissance et promouvoir une politique de l’emploi dynamique, nous agissons pour :
- de baisser l’impôt sur le revenu pour ne pas décourager nos talents (baisse de 6 % en 2002 et 2003) ;
- de baisser les charges sociales, notamment pour permettre aux salariés qui gagnent moins de 2 SMIC de bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat équivalent à un treizième mois de salaire.
C’est par cette approche que nous pouvons faire en sorte que la fiche de paye ne soit pas l’ennemie de l’emploi, en créant une vraie différence entre le pouvoir d’achat issu du travail et celui issu de l’assistanat.
Et c’est bien cette majorité qui baisse les charges sociales de 1,2 Mds d’euros par an pour permettre d’harmonier vers le haut  les 6 smics crées par les 35 heures. Au premier juillet 2003, le smic connaîtra une augmentation de 5 %, alors que la gauche avait provoqué une stagnation du pouvoir d’achat des salariés modestes

 
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La réforme des retraites est une vraie révolution culturelle.

24 mai 2003
Enregistré dans : Economie, Social — RDDV @ 2:05 am --- Imprimer ce Post

Les manifestations de ce dimanche sont somme toute assez normales, car il s’agit pour « la rue » de réagir à un langage nouveau, auquel les Français n’ont pas été habitués par M. Jospin et la gauche : celui de la vérité ! Il paraît loin le temps où l’on voulait « raser gratis », promettre sans compter, communiquer au lieu d’agir. Et c’est bien de ranger ce genre d’attitudes dans les oubliettes des mauvais souvenirs politiques passés.

Travailler moins et gagner autant, c’était bien, non ! Certes, mais les réveils sont difficiles et les bénéficiaires finalement moins nombreux dans la réalité qu’on ne le pense. Une France coupée en deux, voilà le beau résultat. Bonjour l’équité ! Sans compter les problèmes en chaîne que cela a créés ou aggravés. Je pense notamment à l’hôpital.

Aujourd’hui, pour garantir aux Français une retraite décente et financée par la répartition, c’est à dire par chacun d’entre nous, nous sommes obligés, tous, de faire un effort supplémentaire : travailler plus ou plus longtemps, pour gagner autant, pour tenter de maintenir les pensions à leur niveau actuel, voire de l’augmenter pour les plus défavorisés, pour lesquels ce n’est vraiment pas du luxe… C’est l’équation proposée par le Gouvernement.

Les Français réagissent.

Ce changement de cap par rapport à la logique des « 35 heures » heurte. Interpelle comme on dit. Prend à rebrousse-poil du confort myope dans lequel chacun douillettement pensait pouvoir continuer à vivre.

« Deux minutes, monsieur le bourreau », expriment certains manifestants. Pourquoi nous ! Pourquoi maintenant ! Remettre à demain une épreuve c’est toujours doux, merveilleux, mais parfois c’est totalement impossible. C’est ce constat de la réalité, de la nécessité, faisant suite aux lâchetés socialistes qui fonde aujourd’hui notre volonté de réforme.

Le paradoxe est cependant que les plus bruyants dans les défilés sont souvent ceux qui ne sont pas directement concernés… « Pas encore », s’alarment certains en quête d’équité totale immédiate, « pas encore » pensent d’autres… qui craignent qu’un jour un même principe s’applique à chaque Français sans exception, remettant ainsi en cause les fameux régimes spéciaux, dont les défenseurs acharnés nous obligent parfois à user nos semelles…

Il paraît d’ailleurs que dans les sphères gouvernementales, on distille finement aux organisations syndicales du transport public en guise d’avertissement sans frais, de conseil amical, qu’il suffirait d’ouvrir le couvercle, de lâcher la meute parlementaire UMP pour que soit « traitée » vigoureusement la question du service minimum et celle de ces régimes hérités du passé. Quelle image est ainsi donnée de nous !

Trêve de plaisanterie.

Soyons francs et honnêtes.

Il est sûr que pèse sur cette partie des manifestants en quelque sorte une épée de Damoclès. S’ils bloquent vraiment le pays, dans cette conjoncture économique difficile, les projecteurs de l’actualité s’allumeront immédiatement sur leurs privilèges. Avec la violence et parfois l’injustice de la période actuelle…

* * *

Manifester en démocratie est toujours légitime. C’est un droit. Mais ce qui fonde la crédibilité c’est la proposition. L’idée féconde, audacieuse. Ce n’est pas uniquement le refus. Le pavé.

De ce point de vue, la gauche est toujours en panne. Dans l’impasse. Méritant son naufrage. Personne au PS n’ose lancer la moindre mesure concrète. François Hollande se tait sur ces questions, où il serait attendu et écouté pour peu qu’il ait le minimum de courage qui fait le tri entre les démagogues sans lendemain et les Hommes d’Etat.

Rattraper les cortèges, courir derrière le peuple, n’est tout simplement pas digne. Pas au niveau requis.

Certains responsables syndicaux, eux, ont davantage de vertèbres, de sens de leur mission. Leur soutien à la réforme que nous proposons ne doit d’ailleurs pas être utilisé de manière politicienne. Ils ont le droit au fond de continuer à être « de gauche » et à approuver un pan de la politique de la « droite républicaine » sans franchir la ligne jaune de la compromission, de la coalition.

Lorsque François Chérèque déclare : « remettre en cause ce texte (ndlr ! : la réforme des retraites), c’est inévitablement mettre en difficulté ceux qui n’ont pas les moyens d’épargner, c’est à dire les plus modestes », il ne devient pas UMP. Il fait preuve de caractère, de bon sens et de franchise.

Je le respecte, et je tiens donc à ne pas empiéter sur sa liberté de pensée. Ni à piétiner son autonomie. Sa liberté.

J’ai par contre le droit de demander à François Hollande ce qu’il en conclut. Comme d’ailleurs de lui poser la question de la mémoire qu’il a du discours de Lionel Jospin lors de l’installation du Conseil National d’Orientation des Retraites…

Il est des sujets fondamentaux qui doivent rassembler au delà des clivages traditionnels. La retraite fait partie de ceux-là. Se planquer, ou se contenter du cri d’Antigone, « tout, tout de suite, ou alors je refuse », ou annoncer inlassablement que « le moment venu, on vous fera des propositions », n’est pas décent.

Il est des conjonctures particulièrement délicates, notamment pour ce qui a trait à l’emploi, où l’esprit de responsabilité face au droit de grève, dont personne ne conteste la légalité, doit prendre le pas. Doit primer dès lors que chacun sait que pour garantir l’avenir de nos retraites, il faudra bien « y » passer. Y étant unis pour réforme, courage, effort, solidarité.

* * *


L’heure du choix, du vote a maintenant sonné
. Nous sommes prêts à accomplir le geste avec calme mais résolution. Rien ne saurait nous intimider. Nous tiendrons bon ! Mais nous n’aurons pas terminé notre tâche au soir du scrutin, car se continuera l’obligation d’explication aux Français de la portée de la réforme.

Pour eux, ce sera le moment de la vérification concrète. Des comptes précis. De la mesure exacte de l’écart éventuel entre ce que nous avons promis et ce que nous garantissons effectivement. Ne nous leurrons pas et ne trompons personne : en toute hypothèse, la meilleure garantie est celle que l’on se crée soi-même et qui est le fruit de son travail.

Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas droit à un « système » équitable de répartition. Cela signifie qu’est juste le proverbe « aide-toi, le ciel t’aidera » !

Ce n’est pas faire fi de la solidarité nationale nécessaire que de le rappeler. Raffarin n’est pas le bon Dieu ! Mais le ciel en l’occurrence c’est notre gouvernement et sa majorité ! ! ! Allez, restons modestes… la seconde manche c’est la santé pour tous sans faire exploser les comptes de l’assurance maladie… Nous avons du travail, des soucis en perspective ! Mais c’est, je crois, à notre honneur de nous « attaquer » aux dossiers brûlants. Urgents. Non pour démanteler. Mais pour garantir.

Economie
 
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La vérité, François Hollande, la voilà !

2 avril 2003
Enregistré dans : Economie — RDDV @ 2:11 am --- Imprimer ce Post

A tour de rôle, François Hollande et Jean-Marc Ayrault réclament la vérité des chiffres et fardent la réalité de leur bilan.

Avec une arrogance que devrait interdire « l’héritage » calamiteux qu’ils nous ont laissé. Les Français, toujours lucides, ne s’y trompaient pas qui nous disaient sur les marchés avant les élections : « on ne sait même pas si on vous souhaite de gagner, car, avec les caisses vides, ça ne sera pas facile ! »

Alors la vérité, la voilà ! Trois mille euros.

Telle est l’augmentation de la dette que les socialistes ont laissée à chaque contribuable français avant de partir.

C’est au mépris des règles de finance publique qu’ils ont fait exploser le budget de la nation.

Sanctionnés pour leur laxisme général, ils ont évité de l’être pour leurs dérives budgétaires et pour avoir dilapidé l’argent qu’ils ont activement et patiemment prélevé sur le travail des Français durant cinq ans.

Certains pourraient se demander s’il est bien nécessaire de relancer aujourd’hui le débat sur l’héritage socialiste, alors que l’audit des finances publiques effectué par Francis Mer a révélé déjà leurs nombreux débordements budgétaires et l’irréalisme de leur gestion.

A ceux qui douteraient de la pertinence de ce nouveau bilan, nous répondons qu’il est nécessaire de continuer à dénoncer des pratiques contraires à la morale publique afin qu’elles ne se reproduisent plus.

Nous estimions que l’ardoise des socialistes se limitait à un déficit en dérapage de 50 % en 2002, à une ardoise de 100 milliards d’euros à régler pour payer la mise en place autoritaire des 35 heures, et à des taux de prélèvements obligatoires inégalés jusqu’à présent. Mais c’était méconnaître leur expérience dans l’art du camouflage.

Les socialistes ont en fait miné le terrain économique et social français. Il appartient au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin de désamorcer les nombreuses bombes à retardement qu’ils ont laissées avec pas moins de 1,4 milliards d’euros de nouveaux crédits qui ont du être ouverts pour couvrir leurs débordements.

Champions paraît-il de la solidarité, les socialistes ont en fait explosé tous les dispositifs budgétaires pourtant votés par les députés.

C’est donc au mépris de la représentation nationale, qu’ils ont laissé dériver l’allocation personnalisée d’autonomie de 1,4 milliards d’euros, l’allocation adulte handicapé de 150 millions d’euros, la couverture maladie universelle de 220 millions d’euros, l’aide médicale indépendante de 445 millions d’euros et les primes de Noël de 600 millions d’euros.

Ces chiffres parlent tellement d’eux-mêmes que les socialistes ne cessent depuis des mois d’en limiter la résonance en occupant bruyamment l’espace médiatique.

Chaque semaine, ils se relaient sans complexe et avec une grande assurance pour critiquer la politique économique menée par le gouvernement.

En nous rappelant ainsi au respect du pacte de stabilité, ils passent sous silence le fait qu’ils en ont prémédité la violation.

En contestant le gel de quatre milliards d’euros de crédits, ils s’exonèrent d’explications sur la dilapidation de la cagnotte fiscale dont une grande partie aurait du être prudemment mise en réserve.

En nous interpellant sur les plans sociaux, ils font oublier aux Français l’impuissance avouée de Lionel Jospin face à leur augmentation de 40 % lors du premier semestre 2002.

En dénonçant notre soi disante inertie en matière d’emploi, ils négligent qu’ils ont sacrifié les salariés du secteur privé sur leur conception étatiste et subventionnée de l’emploi comme l’atteste la reprise du chômage dès 2001 avec 150 000 chômeurs de plus.

En critiquant les contrats jeunes entreprises, ils détournent l’attention sur l’impasse dans laquelle ils ont conduit ces jeunes voués à des emplois bouche-trou, sans formation ni perspective d’insertion durable.

En nous accusant de brader les fleurons de notre patrimoine industriel, ils éludent leur laxisme dans le contrôle des comptes des entreprises publiques dont le surendettement pèse lourdement sur les contribuables.

En parlant d’hyper impuissance du gouvernement, ces néo-conservateurs dont le seul parti est celui de l’immobilisme, se dédouanent de toute responsabilité dans le déclin de la compétitivité de l’économie française.

En critiquant le projet de loi sur la décentralisation et notamment les transferts proportionnés de compétences et de ressources, ils masquent le fait qu’ils ont procédé à des transferts de charges nouvelles sur les collectivités territoriales.

En criant que les Français n’ont pas le moral, ils oublient qu’ils les ont appauvris comme le démontre la quasi stagnation de leurs pouvoirs d’achat en 2000 et 2001.

Aux porte-paroles du Parti socialiste, les porte-paroles de l’UMP répondent ceci.

Vos accusations sont déplacées et vos critiques sont indécentes, car vous avez appauvri la France et l’avez enfermée dans un carcan de rigidité. Vous l’avez aussi menée dans une impasse budgétaire.

Nous savons que vous n’êtes pas à un paradoxe près et à une imposture de plus pour vous refaire une vertu.

Nous vous conseillons davantage de retenue, vous recommandons l’humilité comme thérapie, et vous renvoyons à vos déclarations toutes aussi inutiles que vides de sens.

Nous privilégions le pragmatisme sur l’idéologie et gardons le cap d’une politique économique volontariste destinée à jeter les bases d’une croissance durable.

Malgré les incertitudes internationales, malgré la menace d’une procédure pour déficit excessif, malgré les factures que vous n’avez pas honorées, malgré les problèmes structurels de notre société que vous n’avez cessé d’aggraver, malgré l’attentisme général, la détermination du gouvernement et de l’UMP est intacte à mobiliser les énergies pour gagner le pari de la croissance et pour redonner du travail à ceux qui l’ont perdu de par vos erreurs de pilotage.

Nous avons choisi la réforme à l’immobilisme, le soutien à la demande et l’investissement à la rigueur.

Sur le plan budgétaire, notre politique joue la rupture avec les pratiques scandaleuses des gouvernements socialistes successifs.

Le temps des mesures non financées est révolu. Les Français veulent des comptes publics sincères et véritables et une politique budgétaire transparente en phase avec l’activité économique .

Nous répondrons donc à leurs attentes.

 
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Banque Centrale Européenne

14 avril 2002
Enregistré dans : Economie, International — RDDV @ 2:11 am --- Imprimer ce Post

La Banque Centrale Européenne (BCE), dont le siège est à Francfort, est mandatée par les traités de Maastricht et d’Amsterdam, pour coordonner la politique monétaire des pays de la zone euro et veiller à la maîtrise de l’inflation.Jeune institution, la BCE a su affirmer sa crédibilité malgré quelques errements en initiant une baisse des taux d’intérêt afin de soutenir l’activité économique de la zone.

Mais pour que l’euro soit synonyme de prospérité et de bien être pour les citoyens européens, il faut aujourd’hui aller plus loin. Nous pensons qu’il convient de renforcer le dialogue entre les autorités économiques et politiques (les ministres de l’économie et des finances) et l’autorité monétaire.

Cette action de convergence commune doit s’appuyer sur un objectif simple : mener une ” policy-mix ” (dosage entre la politique budgétaire et la politique monétaire) réactive et orientée résolument vers la vigueur de l’activité économique et de la création de richesses. Or, en la matière, alors que la Banque centrale américaine (la FED) constitue un modèle de réactivité, la Banque centrale européenne semble encore timorée lorsqu’il s’agit d’adapter sa politique de taux d’intérêts à l’évolution de la conjoncture économique.

Pour atteindre cet objectif, il convient aussi de crédibiliser l’action des gouvernements en affirmant une convergence économique totale. Cette convergence existait lorsqu’il a fallu préparer l’euro, mais a eu tendance à s’atténuer par la suite.

De ce point de vue, la politique économique menée par le gouvernement Jospin a accentué le décalage entre la France et ses partenaires. Alors que les autres pays européens ont su profiter de la croissance pour assainir leurs finances publiques, désendetter l’Etat, mener des réformes de structures d’ampleur (Retraites, Education, Fonction publique), accroître leur attractivité (réforme fiscale), la France de Lionel Jospin a fait le choix de l’augmentation des dépenses publiques au détriment de la baisse des déficits, de l’immobilisme en matière de retraites par l’accumulation de rapports, des 35 heures pour tous, et de la hausse de la pression fiscale (plus de 92 Md€ prélevés en plus sur la richesse nationale depuis 1997).

Nous voulons faire de l’euro un élément de prospérité et nous affirmons notre volonté de faire converger la politique économique de la France avec celle de ses partenaires. C’est pourquoi nous proposons notamment de mener la réforme des retraites, de ramener l’impôt sur les sociétés au niveau de la moyenne européenne pour stopper les délocalisations, ou encore de baisser l’impôt sur le revenu pour ne pas pénaliser nos talents.

Compétition internationale
 
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