DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Le combat de Ségolène Royal et de Martine Aubry déshonore la politique.

23 novembre 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 10:18 am --- Imprimer ce Post

Je ne suis pas socialiste. Je pourrais me réjouir de la lutte au sein du PS pour la conquête du pouvoir.

Mais je suis trop militant de la « chose politique », trop inquiet du mépris qui entoure la vie politique, pour ne pas juger avec une extrême sévérité et un immense dégoût la forme prise par une compétition, en elle-même normale.

Comment dans la conjoncture politique et économique actuelle, deux femmes politiques de ce « niveau » peuvent-elles être aveuglées par leur goût du pouvoir absolu, sans imaginer un seul instant qu’elles creusent la tombe de leurs ambitions ?

Comment peuvent-elles se lancer dans cette lutte à mort tout à fait suicidaire pour l’avenir de la cause qu’elles sont censées servir ?

Il est des circonstances où le cessez-le feu est impératif, où le respect scrupuleux du peuple, du citoyen, de l’électeur, du militant s’impose encore plus qu’en temps normal.

Qu’est-ce qui empêcherait Ségolène Royal et Martine Aubry de s’asseoir autour de la même table pour constater le jeu égal et donc additionner leurs forces et leur fougue dans une gestion collective du PS, en mettant même au point dès cette semaine la procédure de désignation pour les prochaines présidentielles ?

Ne pas le comprendre et laisser la haine ordinaire s’installer ne déshonore pas uniquement le PS, mais la démocratie française.

 
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Face à la crise : la culture !

14 novembre 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 6:11 pm --- Imprimer ce Post

Attention, “fragile” ! Cette inscription rituelle des colis précieux pourrait même instruire un procès en marginalité, superficialité, inutilité de tout acte de culture, jugé accessoire, dans le contexte actuel de la crise financière mondiale.

“Il y a plus urgent, plus important, plus stratégique, plus sérieux, que de parler culture”, penseront même certains esprits. “Allons à l’essentiel, ne perdons pas de temps, n’en faisons pas perdre, le futile, l’accessoire, le superflu, pour ne pas dire le superficiel, attendront des jours meilleurs”, en rajouteront d’autres.

Cette relégation de la culture n’est d’ailleurs pas malheureusement un réflexe des temps difficiles. Elle est une sorte de refus de résistance, une paralysie du discernement, un abandon de poste.

C’est la posture permanente de tous ceux qui n’imaginent pas que la culture soit créatrice de richesses tangibles et de valeurs aussi concrètes que spirituelles, et qui ont une vision fausse et très désuète de la réalité, française, européenne, mondiale. Citons pêle-mêle quelques exemples emblématiques : Pétra, La Grande Muraille de Chine, l’Orchestre philharmonique de Berlin, le Ballet de l’Opéra de Paris, le Louvre, Bilbao, le hip-hop, Yves Saint Laurent, le château de Chenonceau. L’énumération est infinie.

Elargir le champ des possibles, contribuer à la fierté d’appartenir au monde, donner les outils les meilleurs pour que chacun au sein de la collectivité puisse maîtriser son destin. Il est le devoir d’Etat de tout homme ou femme politique. Aujourd’hui, plus que jamais. Tenir cette ambition implique une prise en compte sans réserve et sans complexe de la culture.

Il est de ce point de vue significatif que le président de la République ait décidé pendant la présidence du Conseil de l’Union européenne d’organiser une Saison culturelle européenne, où nos 26 partenaires sont accueillis avec tout l’arc-en-ciel de leur potentiel culturel et artistique. La France fait figure de pionnier en la matière. Puisse cette heureuse initiative française faire école afin que la Commission européenne prolonge cet élan mobilisateur et novateur !

Les modalités de la crise boursière actuelle poussent au paroxysme le champ du virtuel. Les chiffres n’ont plus de sens. Les écarts traduisent la brutalité d’un affolement plutôt qu’une évolution intelligible. Les constructions financières apparaissent comme une spéculation dépourvue de morale et surtout de fil conducteur. Dans ce chaos, le tangible, le vrai, le beau, le solide, l’authentique, le futuriste, le décalé, le conceptuel, le génial apparaissent comme les nouvelles valeurs refuges rassurantes et pérennes.

Si s’effondre la “splendeur” d’une place financière, subsiste le rayonnement durable et fort d’une oeuvre, d’un moment, d’un site, ainsi que la perfection magique et surnaturelle d’une création, la vérité lumineuse et cruelle d’un cri artistique parfois violent.

La culture donne des repères. Elle est l’alliance rare entre l’immatériel et le matériel, la fécondation de la matière par l’esprit. Même si un geste artistique est parfois fragile et éphémère, une fulgurance géniale et fugace, le choc esthétique qu’il engendre, imprègne durablement la mémoire. Il provoque la conscience. Il génère l’être.

La culture permet tout à la fois l’enracinements, l’harmonie et le dépassement total de soi. Le respect de l’histoire, du sol, de la tradition, mais aussi la force de créer, la capacité d’imaginer, la griserie de rêver, l’envie d’ailleurs. L’intelligence de la complexité. L’amour du monde et de la diversité. C’est faire le lien entre le passé et l’avenir. C’est comprendre. Comprendre les autres. Se connaître soi-même. Apprivoiser les différences.

L’art est une exigence, une métamorphose, un voyage. C’est également une fondation, un ancrage, une signature. Une réconciliation entre le “soi” et “l’autre”.

Lorsque les constructions humaines artificielles et précaires deviennent des ruines et des décombres, l’architecture, le patrimoine, le spectacle vivant, les arts plastiques, l’écrit, le son, la lumière, l’image, le film sont de puissants vecteurs de confiance, de ressourcement qui créent l’élan, génèrent la dynamique, rétablissent l’unité intérieure. L’homme devient riche de son regard, heureux de sa sensation, apte à embrasser le monde. Il devient universel, frère, disciple. Ou contradicteur par devoir et par passion légitimes.

Même s’il est conçu dans la pauvreté, le dénuement et la précarité, l’acte artistique est une richesse et une valeur plus puissantes et incarnées qu’une réussite financière fugace et éphémère.

La culture ne saurait se réduire à une élégance, un divertissement, une angoisse ou une ivresse. Elle est la marque d’une époque, le reflet d’une terre, le soleil d’une main et d’un cerveau. Elle est la transfiguration de la matière, la sublimation d’un projet. L’horizon d’une idée. Elle est un phare d’autant plus puissant et protecteur, que les océans de la folie humaine sont déchaînés et destructeurs.

La culture est l’investissement de l’avenir, l’équilibre et la célébration du présent, l’humilité de l’histoire et de la chaîne du temps, la transformation du fugace en permanence du génie et du savoir-faire. Pour la France, la culture est notre chance, notre vocation, notre solidité et notre destin. Notre horizon.

Tous les diseurs de bonne aventure économique et financière devraient descendre de leur superbe et de leur mépris, en comprenant enfin qu’avant d’être une dépense, une extravagance ou le caprice du prince, la culture est notre stratégie, notre trésor de guerre, notre nouvelle frontière. Face à la myopie, à la caricature et à la choquante désinvolture, rétablissons la vérité. Osons montrer le réel. Chiffrons l’inchiffrable, sans tout financiariser pour autant. Décrétons l’urgence. Garantissons par-là même notre survie, notre épopée, notre renaissance. Notre avenir concret. Aujourd’hui et demain.

La culture est une promesse de richesses, une source d’attractivité(s), d’emplois, un rêve tangible. C’est une priorité pour qui sait enfin ouvrir les yeux, voir et comprendre que dans la fureur du monde, l’harmonie qu’elle diffuse et le progrès qu’elle génère sont des valeurs plus puissantes que les jeux d’écriture financière aux improvisations tragiques et à la “poésie” mortifère… La culture n’est pas un opium, un luxe, une futilité. Elle est un réflexe lucide, une performance orchestrée.

Oser parler, dans une même dynamique, de culture et de croissance, de patrimoine et de création, d’archéologie et de numérique, de fièvre de l’esprit et d’économie politique, des citoyens et des artistes, de gratuité et d’argent, d’intemporalité et de nouvelles technologies, de marché et d’indépendants, de liberté d’esprit et de métiers, c’est le défi du Forum d’Avignon, destiné à ouvrir un espace de dialogue fécond et décloisonné entre le monde culturel et artistique, le monde économique et le monde politique. C’est un acte de mobilisation politique, de prise de conscience. C’est le lancement d’une offensive pacifique, humaniste, volontariste. Face à la crise, la culture !

 
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La crise boursière donne envie de parler d’économie du réel…

5 novembre 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 12:00 pm --- Imprimer ce Post

Qui n’a pas envie ces temps-ci de couper la radio, de débrancher les sites d’information boursière ? Le goutte à goutte de l’information nécessaire pour des raisons de transparence financière et de fluidité des marchés renforce le sentiment de crise non maîtrisable, à déflagrations successives quasi programmées.

Le contraste avec l’activité politique intense des dirigeants de la planète tentant de contrecarrer l’ouragan financier renforce d’ailleurs le désarroi des citoyens du monde.

Qui fait quoi ? Quelle est la vraie cause ? Les tuyaux de la bourse et du marché financier interbancaire sont-ils vraiment nécessaires à l’économie ?

Les erreurs personnelles de certains financiers donnent de surcroît l’impression d’un système sans contrôle. Les chiffres sont vertigineux. Les libertés d’action de certains individus peu scrupuleux ou très aventuriers apparaissent parfaitement choquantes. Peut-être d’ailleurs parce qu’il s’agit de baisses et de pertes…

On aimerait pouvoir se passer de la bourse, du marché financier, des banques même.

On souhaiterait quitter le champ des chiffres virtuels, qui sont en fait très réels, pour entrer dans le terrain – par contradiction d’apparences paradisiaques même si les disciplines y sont rigoureuses – de l’économie du réel. De la « vraie économie ». Celle du travail. De l’effort. De la qualification. De l’innovation. De la recherche. De l’intelligence. De l’audace. De la conquête de nouveaux marchés. Celle des gens. Des hommes et des femmes qui « bossent ». Celle des entrepreneurs courageux, des salariés mobilisés, des indépendants fiers, des métiers manuels et intellectuels performants.

Dire cela ne signifie d’aucune manière oublier la finance, le crédit, le marché, la concurrence, la rareté, la mondialisation, l’argent, le micro-crédit.

Exprimer cette revendication sourde mais forte et présente dans tous les esprits, c’est peut-être en fait vouloir éviter la révolte populaire qui pointe à l’horizon.

Il se fait tard… Au sens lointain et arrogant du terme, la « finance » ne « nous » concerne pas. Nous « la » ressentons comme une pollution. Un virus dangereux. Un monde à part. Nous voulons oublier que sans financement les projets ne voient pas le jour. Nous voulons ignorer les réalités cruelles de l’endettement, du remboursement, de l’échéancier. De ce qui est malheureusement aussi la « vraie » vie économique.

La question politique centrale est de réconcilier ou plutôt de placer dans une perspective intelligible par chacun des univers aux logiques draconiennes qui apparaissent parfaitement antagonistes et étrangères.

Le spectre de la récession, de la baisse, du déclin, de l’effondrement est là. Le procès va forcément s’instruire de la spirale des responsabilités. Le bouc-émissaire facile, déjà désigné, s’appelle « la finance ». Il lui est reproché de ne plus être l’instrument du progrès – parfois du rêve chimérique et précaire – et d’être le bras armé d’une déflagration économique sans précédent.

Le 11 septembre avait son criminel identifié.

Aujourd’hui, rechercher le coupable, la cause, l’élément déclencheur plonge dans un abîme profond, car le virtuel, au sens barbare du terme, règne en maître absolu avec une puissance machiavélique et non maîtrisable.

Il est urgent, pour contrecarrer la contamination d’une crise financière vers un big-bang économique, d’oser le rétablissement de la confiance. Cela passe par la vérité.

Tant que les raisons – même si elles sont difficiles à entendre et à comprendre – ne nous seront pas TOTALEMENT données, les meilleurs intentions du monde resteront des tombereaux d’eau dans un désert de sable. Or « la parabole du semeur n’a pas recommandé les semailles en terrain pierreux » , aimait à dire mon père dans son livre posthume « Vent d’Espoir sur la Démocratie ».

L’économie politique doit redevenir intelligible. Proche.

Il ne s’agit pas de nier la réalité. Il est question de redessiner une géométrie de l’action qui implique et responsabilise chacun.

La « crise » continuera de rebondir tant que les opinions publiques mondiales n’auront pas admis et compris les raisons du drame, les efforts et les disciplines nécessaires, et les perspectives à attendre, même si elles sont difficiles. Surtout si elles le sont d’ailleurs…

L’information, au sens noble du terme, est ici au service de la survie individuelle et collective.

Le préambule de la Constitution stipule: « Toute distinction sociale doit être fondée sur l’utilité commune ».

Alors, puissent les élites politiques, économiques et financières, se mettre à la portée du peuple, qui n’a en l’occurrence, aucune leçon à recevoir, mais des comptes à exiger. Oui, « toute distinction sociale doit être fondée sur l’utilité commune » !

 
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L’élection de Barack Obama est une promesse !


Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 8:32 am --- Imprimer ce Post

Pour ceux qui aiment les Etats-Unis et les Américains, l’élection de Barack Obama est un moment rare de bonheur politique.

Cette expression, qui peut paraître totalement décalée et impropre, traduit au contraire l’espoir planétaire que le choix américain exprime avec intensité et force.

Le retour flamboyant des Etats-Unis sur la scène internationale est une promesse de réconciliation, d’équilibre, mais c’est aussi le signe que le camp de la démocratie et des valeurs de la civilisation occidentale sera davantage à l’unisson pour agir.

L’Europe avait commencé à prendre l’habitude de sa puissance et de son rayonnement… Nous devrons de nouveau compter sur nos alliés, amis et concurrents de l’outre Atlantique !

Le peuple américain, dans son sacre républicain et laïque, vient d’ériger un héros mondial, dont la visite dans chaque Etat du monde est un espoir attendu avec ferveur.

Quelle étrangeté que la politique puisse ainsi voisiner avec le spirituel ! Ou l’artistique. Reconnaissons que la lumière qui émane d’Obama est tout simplement exceptionnelle. Puisse-t-elle être utile au monde confronté à une crise morale et financière redoutable !

 
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