DISCOURS de la Rue de Valois
http://www.rddv.fr/spip.php?page=journal&id_rubrique=14
Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Muriel Mayette, Jacques Martial et Olivier Py sont une magnifique Troïka !

29 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 10:52 am --- Imprimer ce Post

Dans un bref mais lumineux espace de 24 heures, Muriel Mayette, qui travaille activement à la première tournée de la Comédie Française dans les 10 pays de la nouvelle Europe, reçoit un « Molière » pour la pièce de Jean-Luc Lagarce, Olivier Py, en pleine répétition de « l’Orestie » d’Eschyle qu’il a lui-même traduite, mise en scène avant de l’interpréter accueil Jacques Martial « l’acteur-président » de la Villette pour dire à l’Odéon en hommage à Aimé Césaire ses « Cahiers de retour au pays natal » qu’il a écrit à l’âge de 25 ans.

Autant de moments de bonheur intense pour moi, d’autans plus forts qu’à l’heure de leurs nominations respectives, de très choquants et discriminatoires commentaires avaient tenté de semer un trouble odieux et injuste. Honte à leurs médiocres auteurs… aujourd’hui confondus par ces superbes consécrations qui font de ces trois personnalités emblématiques de « grands » responsables de nos prestigieuses et vivantes institutions culturelles.

Mardi prochain, au Grand Palais, « Monumenta » ouvrira ses portes à l’œuvre magistrale de Richard Serra qui, après celle d’Anselm Kiefer et avant celle de Christian Boltanski, donne à notre pays sa vraie vocation culturelle mondiale.

Autant de confrontations électriques et fécondes, démontrant à chaque fois que l’intelligence de l’art et de la création permet de donner une nouvelle vie et un bel élan à la fierté patrimoniale de notre pays et de nos concitoyens.

J’aime cette France de l’audace, du panache, de la provocation, du talent, de la fougue, de la passion, de la diversité, de la fureur de la matière ou de la chair et de la magie de l’esprit.

Puisse-t-elle donner de l’âme et de la créativité clairvoyante aux chantres de la « R.G.P.P »…

Il n’y a, d’ailleurs en la matière, pas besoin de nouvelle politique publique. Mais tout juste, dirai-je très modestement, de s’inscrire dans la tradition bondissante et éternellement inachevée de l’imagination au pouvoir, dès lors qu’il s’agit de l’essentiel, c’est-à-dire de la culture !

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Supprimer l’obligation constitutionnelle de référendum pour les futurs élargissements de l’Europe, c’est plus qu’imprudent

27 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 10:11 am --- Imprimer ce Post

En politique, il y a toujours de faux amis, de faux bons arguments, des spirales qui sont de catastrophiques toboggans vers l’échec.

Alors, que diable allons nous faire dans cette galère ?

Certes, tant que Nicolas Sarkozy sera Président de la République, il n’y aura pas de risque, puisqu’il a lui-même récemment confirmé que les nouvelles adhésions européennes seront soumises directement au peuple.

Mais après ?

Alors, pourquoi aujourd’hui offrir en nouveau front, un espace fécond pour nos détracteurs ? Ceux qui, avec certainement une « forme » de sincérité intellectuelle, prônent une telle réforme, qui remet en cause la garantie d’une obligation de décision populaire au suffrage universel, souhaitent-ils authentiquement la réussite du Président de la République et de la majorité présidentielle ?

Ce n’est pas un procès d’intention. C’est seulement une sourde inquiétude, car dans une conjoncture électrique et mobile, point n’est besoin d’allumer des mèches ou de tendre des verges pour se faire battre…

Veut-on vraiment, à quelques semaines de la présidence française de l’union européenne et à 12 mois des élections européennes, rouvrir dans notre pays le débat sur les frontières géographiques, « naturelles », politiques, religieuses de l’Europe… L’art de l’a propos, de l’opportun, du nécessaire n’est-il pas l’honneur de la décision politique ? Halte au feu…

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

L’hymne au genre humain d’Aimé Césaire est chanté avec fureur et beauté

17 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 12:56 pm --- Imprimer ce Post

Un poète héros, un homme rare, une voix brûlante, une passion incandescente, une vie d’engagement absolu…

Rien ne peut justement retracer la force sublime de l’œuvre, des combats, des mobilisations politiques et spirituelles de ce rebelle, dont le cri révolté avait la vigueur intacte de la jeunesse, éternellement assoiffée de justice, de liberté, d’égalité fraternelle.

En cet instant, chacun doit se vivre ultra – marin, noir, esclave, opprimé, damné, afin de faire silence et de porter en hommage ultime les violences et les fureurs du monde en s’engageant à les traquer.

Je garde comme un ardent souvenir l’entretien que j’avais eu le 23 septembre 2006 à Fort de France avec Aimé Césaire, heureux de célébrer le combat que j’avais mené pour la reconnaissance par l’Unesco de la diversité culturelle, érigée en principe de droit international.

Sa dédicace résonne aujourd’hui comme une feuille de route pour respecter par l’action cet homme immense :

« A Donnedieu de Vabres
ce recueil de textes
qui disent à leur manière
mon itinéraire
du particulier
à l’universalité
bref la conquête
de l’homme par
lui-même.
Pour dire au ministre D de Vabres
ma reconnaissance
et si j’ose dire
notre fraternité »
Aimé Césaire

Accompagné de Jacques Martial, un moment rare reste dans mon cœur : le regard doux et chaleureux de ce très vieux Monsieur contemplant avec étonnement et admiration le Président de la Villette déclamer avec fougue et foi un extrait des Cahiers du retour au Pays natal.

Eternité des mots, permanence salutaire de l’esprit de révolte, génie poétique pour susciter l’amour du genre humain.

Pour reprendre son chemin, et y puiser de l’énergie créatrice, écoutons comme un hymne fécond cette voix éternelle :

« Partir.
Comme il y a des hommes – hyènes et des hommes –
panthères, je serais un homme – juif
un homme – cafre
un homme – hindou – de – Calcutta
un homme – de – Harlem – qui – ne – vote - pas

l’homme – famine, l’homme- insulte, l’homme – torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le
rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – Sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses
à présenter à personne

un homme – juif
un homme – pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu’on tue le Remords. beau comme la
face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot ?

Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais famille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées.

Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l’œil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestige de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre. »

Cahiers du retour au Pays natal

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Le triomphe des ch’tis est en stéréo symbolique avec le futur Louvre à Lens

16 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 5:12 pm --- Imprimer ce Post

L’esprit du Nord, le dépassement des crises industrielles et de leurs remords sociaux, le sursaut et la résurrection grâce à la culture, la fraternité célébrée, tout cela participe de l’optimisme français d’autant plus latent et fort qu’il semble parfois aux abonnés absents.

Palme d’or du prix de l’authenticité humaine, l’allégorie des Ch’tis me renvoie aux 3 vieilles femmes d’un quartier de Lens que j’avais rencontrées à côtés de leurs maisons, intriguées par le ballet d’une visite ministérielle aux abords d’un terrain vague, espace « naturel » candidat à l’implantation du Louvre…

Lors de cette visite, j’avais sur le champ pris ma décision pour Lens dans le secret de mon crâne, avant que les plus hautes autorités de l’Etat ne la valide.

Ces femmes, modestes et fières, accueillantes et lointaines, ont été les vestales, les symboles et les emblèmes de ce projet révolutionnaire et iconoclaste.

La fête du cinéma vivant et populaire autour du mythe des Ch’tis est en fait le précurseur de ce que sera l’ouverture du Louvre à Lens. La fierté est à chaque fois, dans des registres différents, à l’honneur.

Un contraste, une provocation, une transcendance par rapport à l’air du temps.

Le peuple attend la fraternité vraie, la réconciliation concrète, le décloisonnement fécond, qui tournent le dos au cynisme, au sectarisme, au cantonnement méprisant.

La bonté et l’intelligence qui se dégagent du visage de Dany Boon générant un espoir et une lumière, qu’incarnera à sa manière la splendeur du Louvre au cœur des corons et de l’histoire de la souffrance économique française, a profondément touché le cœur de la France.

Les Français sont un beau peuple, lorsqu’ils s’acceptent eux-mêmes de façon simple, généreuse et joyeuse. Sans complexe, avec le panache de leur dignité. Et la force de leur cœur.

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

On ne réforme pas contre les fondamentaux

11 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 11:34 pm --- Imprimer ce Post

Il n’y pas besoin d’être agrégé de sciences politiques pour savoir que dans notre pays très idéologique certains concepts sont sacrés.

La réduction pour familles nombreuses à la SNCF fait partie du socle incontournable – à juste titre – de nos acquis sociaux, qui ont une valeur symbolique bien au-delà de l’avantage social consenti.

Il est heureux que le Président de la République ait mis un terme à ce couac indescriptible, à ce cafouillage politique totalement destructeur.

Comment a-t-il pu être imaginé que puisse être terminé, achevé, détruit un tel repère ? La politique est belle quand elle est tout simplement porteuse de valeurs. La famille fait partie de ce qui tient notre pays confronté à de nombreuses déchirures et remises en cause. Ne pas l’avoir analysé, pressenti et protégé légitimerait des sanctions.

Aucune complexité, aucun objectif financier, aucune nouvelle politique publique ne résistent à la force d’une telle évidence.

Ceux qui ne l’incarnent pas devraient d’eux mêmes avoir la force morale d’en tirer les conséquences. Ce serait salutaire. C’est attendu !

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Je n’aime pas la combativité humanitaire à éclipse…

8 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 12:27 pm --- Imprimer ce Post

Le parcours de la flamme olympique a brutalement comme par miracle réveillé les consciences… C’est triste à observer. Certes, des incidents récents et particulièrement graves au Tibet ont été l’élément déclencheur. Mais, peut-on pour autant dire que, depuis la décision du Comité Olympique de choisir ce pays continent, la situation de la Chine au regard du respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression se soit détériorée ?

Alors ne faisons pas porter sur les sportifs les responsabilités politiques qu’il appartient à d’autres d’assumer.

La défense de nos valeurs et leur vocation universelle méritent un long combat. Ca ne doit pas être une sorte de mode, une posture provisoire et éphémère, mais une vraie stratégie de persuasion s’inscrivant dans la durée. Afin de convaincre le peuple chinois dans ses profondeurs comme dans ses élites. Nul doute que l’esprit des jeux olympiques y contribuera.

Ne nous donnons pas bonne conscience quand les micros sont tendus et les projecteurs allumés … Ne reportons pas sur autrui ce que chacun doit entreprendre. Et commençons par être nous-mêmes exemplaires !

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Famille politique, je vous aime !

5 avril 2008
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 9:54 pm --- Imprimer ce Post

Mercredi 2 avril, à l’église de la rue Saint Louis en l’Ile, se retrouver autour de la mémoire du Président Pompidou et de son épouse Claude Pompidou, en présence de Jacques Chirac et de Bernadette Chirac, m’a permis de ressentir avec chaleur la force tonique d’une famille politique.

J’ai revécu par la pensée avec émotion les rencontres très riches, libres et joyeuses que j’ai eu le privilège de vivre avec Madame Pompidou, sans oublier l’intelligence et la chaleur du regard de son mari, qui incarnait l’humanisme avec une excellence rare.

J’étais heureux d’être aux côtés de monsieur et madame Chirac un « ex », fidèle, fier de l’être, et amusé de constater que nous n’étions pas nombreux sur le plan politique…

Dans le respect des hiérarchies, les liens, qui se nouent, résistent, lorsqu’ils sont authentiques et symétriques, au temps, à l’usure, à l’opportunisme, aux petits calculs. Ils sont un vrai soleil intérieur qui permet de faire face à l’adversité et à la solitude.

J’aime dans la politique l’engagement, les vraies complicités d’autant plus intenses qu’elles sont rares, la communauté de réflexes et de regards qui rassemblent dans un même élan des caractères parfois très différents.

Avoir de la mémoire, des vertèbres et de la passion, est un viatique nécessaire pour affronter les tempêtes et les calmes plats.
Des souvenirs très privilégiés permettent de regarder l’horizon sans nostalgie ni amertume.

Je n’oublierai jamais l’élégance et la vivacité d’esprit de madame Pompidou. Je repense avec bonheur au discours de Bernadette Chirac au ministère pour le dîner que j’avais organisé en l’honneur de Claude Pompidou. Je relis avec amusement un petit « papier » que Jacques Chirac m’avait adressé lors d’un conseil des ministres, m’informant qu’il avait mobilisé le Premier Ministre au sujet des besoins budgétaires du ministère en concluant pour souhaiter qu’il me donne satisfaction : « inch allah ! »

Mercredi, en écoutant les magnifiques chants grégoriens, non loin de madame Bettencourt et d’Edouard Balladur, j’ai été irradié par la lumière de l’esprit d’une vraie famille politique.

Ce matin, au comité départemental de l’UMP, à Saint Cyr sur Loire, la force de liens anciens et finalement très solides a permis d’éviter d’inutiles déchirements. A quoi bon régler ses comptes de façon prématurée et trop réactive ? Mon compagnonnage avec Philippe Briand remonte à 1978. Il comporte une vraie authenticité, mâtinée d’indépendance et de lucidité. Nous avons su dépasser de vraies querelles, chacun menant la vie politique correspondant à son tempérament et à son éthique personnelle. Aussi étrange que cela puisse apparaître aux observateurs extérieurs, qu’ils soient eux-mêmes élus ou journalistes expérimentés, nous sommes proches, conscients d’être à part, et disons-le avec orgueil, au delà et au dessus des médiocrités très banales.

J’ai confirmé, de façon très apaisée, que je ne serai pas candidat lors des prochaines législatives et municipales, en ayant la volonté de continuer à être utile à nos concitoyens, à ma ville, à mon pays. Je serai un « facilitateur », « un ingénieur conseil », d’autant plus libre et indépendant que je ne roule pas pour moi à Tours. Les impatients très nerveux et fébriles ont des tics qui me font sourire et qui traduisent qu’ils ne seront jamais au niveau requis pour sauter la barre… D’autres plus sensibles et intelligents se préparent. Je les aiderai avec une totale sincérité. Et une énergie intacte, dont je ne vais pas m’excuser !

Dans notre réunion consacrée à la reconquête nécessaire après la série d’échecs constatés dans l’ensemble du département, les affrontements non achevés, les rancoeurs sous-jacentes et les plaies encore vives se sont en fait estompés derrière la solidité d’une vraie histoire politique commune. Le soldat de base d’aujourd’hui sera le ministre de demain, le parlementaire glorieux, le recalé provisoire, le militant ardent l’espoir du futur… Ainsi se déroule toute carrière politique…

Vivre cela de cette manière, avec philosophie et humour, n’est pas un déni de réalisme, un rêve chimérique, une impuissance revancharde.

C’est avoir envie de dire, malgré la dureté de l’échec, que la vie politique n’est médiocre que pour les petits. L’échec permet la renaissance. Il contraint au dépassement de soi. Il est une ascèse.

Je repense à une sublime phrase du livre de mon père « Vent d’espoir sur la démocratie » : « Occident signifie déclin, mais déclin cyclique qui prépare l’aurore, renvoie le soleil à l’Orient, fonde les renaissances » et à ce trait d’humour très utile en politique, notamment à Tours : « la parabole du semeur ne recommande pas les semailles en terrain pierreux »…

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 
 
Fermer
E-mail It