DISCOURS de la Rue de Valois
http://www.rddv.fr/spip.php?page=journal&id_rubrique=14
Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Pour les dossiers internationaux sensibles, inventons un contrôle d’un nouveau type !

27 août 2007
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 7:09 pm --- Imprimer ce Post

Il y va de l’intérêt supérieur de notre pays, tant sur le plan politique qu’économique, d’agir sur la scène internationale et de traiter des dossiers sensibles et complexes.

Qu’il s’agisse des grands contrats internationaux ou des libérations d’otages, voire de délicates négociations diplomatiques, la confidentialité et même parfois le secret s’imposent.

Pourtant un contrôle politique doit exister. Qui ne voit qu’une excessive publicité donnée à des sujets internationaux peut faire le jeu de nos concurrents économiques ou politiques… « La France n’est pas un pays sûr »… Ce genre de remarque formulée à l’étranger peut coûter des contrats ou faire reculer des décisions de libération par exemple.

Il faut inventer une procédure appropriée. Ce sera une nécessaire rupture entre le secret sans contrôle et la divulgation sans précaution qui sont aujourd’hui nos fâcheuses méthodes et nos mauvaises habitudes.

Ne peut-on imaginer autour du Président de la Commission des Affaires Etrangères, 2 ou 4 parlementaires (l’opposition étant naturellement représentée), tous tenus au secret et compétents pour recevoir toutes les informations de l’exécutif en temps réel et disposant de vrais pouvoirs d’investigation ?

Ce serait un dispositif permanent auquel le gouvernement devrait obligatoirement rendre compte pour les dossiers relevant du secret défense. Pas après coup mais en permanence. Ce système n’interdirait ni les auditions classiques, ni les commissions d’enquête, mais serait approprié pour rendre compatible le contrôle de l’exécutif et l’intérêt supérieur de la Nation.

Ce « jury d’honneur » que l’on pourrait baptiser « Comité parlementaire du contrôle stratégique de l’Etat » délivrerait après examen et contrôle une sorte de « quitus » qui de surcroît éviterait rumeurs, calomnies et malveillances.

La Commission d’enquête constituée sur la libération des infirmières bulgares – pour légitime qu’elle soit – s’apparente plus à un règlement de comptes politique qu’à une procédure digne d’une grande puissance comme la France qui a de nombreux intérêts à défendre et de vastes contrats à négocier.

Alors innovons sans attendre. Cela renforcera le Parlement, le Gouvernement et la démocratie, en faisant de la France une république moderne, exemplaire mais non naïve…Nul doute que certains pays amis regretteront de ne plus pouvoir nous déstabiliser de l’extérieur en utilisant les armes du combat médiatique sans d’ailleurs que les intéressés n’en soient toujours conscients ….

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Raymond Barre avait une intelligence de visionnaire et l’art politique de la provocation

25 août 2007
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 3:35 pm --- Imprimer ce Post

Raymond Barre avait avant tout le goût de la liberté. Elle était l’armature même de sa vie : exigence économique, remède contre l’idéologie, viatique pour défendre son indépendance, arme tactique lui permettant de dénoncer les systèmes, les « puissants », les petits arrangements du « microcosme » politique, éthique personnelle d’un grand Homme d’Etat passionné par son pays, par le projet européen, par la mondialisation anticipée comme une réalité incontournable et redoutable.

Ses dons étaient multiples, sa curiosité intellectuelle insatiable, son appétit de vie légendaire.

Pour tout homme politique, Raymond Barre est un modèle dans l’art de défendre passionnément ses convictions, avec un sens de la formule qu’il portait comme un plaisir, même au risque de choquer.

Il restera dans nos cœurs et nos mémoires comme un grand témoin de l’histoire du XXe siècle, éclaireur, humaniste et réformateur.

Puisse-t-il sourire des hommages qui lui seront rendus venant de ceux qui l’ont parfois insuffisamment reconnu et apparemment combattu.

J’ai été fier de « cohabiter » avec lui dans le même groupe de l’Assemblée Nationale, car c’était un grand privilège que de bénéficier de sa lumière, de son ironie et de sa libre pensée.

Le respecter à l’heure de sa mort, c’est surtout ne pas l’enfermer au sein d’une famille politique, d’un système de pensée.

C’est cultiver comme un exemple sa capacité personnelle à aimer son pays, quitte à sacrifier sa popularité conjoncturelle. L’intérêt général, la vérité économique, la fierté nationale ont primé dans sa vie sur toutes les médiocrités de la « classe politique » qu’il aimait stigmatiser.

Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants…

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

La question de la rentrée : le pouvoir d’achat

22 août 2007
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 3:07 pm --- Imprimer ce Post

L’actualité médiatique est « rythmée » par les performances boursières, les chiffres des stock-options distribués ou symétriquement par les images de l’exclusion, de la pauvreté et de la misère sociale.

95% des Français ne se reconnaissent dans aucun de ces écarts. Ils attendent d’être reconnus, soutenus, défendus. Avec impatience, comme s’il s’agissait de la réparation d’une longue série d’injustices. La question de leur rémunération, du pouvoir d’achat, de l’évolution des retraites, du montant des prélèvements directs ou indirects est pour eux centrale. C’est une exigence politique absolue, qui a d’ailleurs été la clé de la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy.

De ce point de vue, le non coup de pouce significatif au SMIC comme l’annonce virtuelle – non confirmée – d’une augmentation de 5% de la TVA sans certitude de baisse équivalente des prix a fait l’effet d’une petite bombe politique. La sensibilité de l’opinion est extrême sur ces sujets, d’où la nervosité annoncée sur les franchises médicales alors que cette mesure est impérative pour continuer de financer notre assurance maladie et garantir à chacun la pérennité du meilleur système de santé au monde.

Ceux qui ont cotisé toute leur vie n’acceptent pas d’être une fois de plus « taxés », même si les chiffres ne sont pas en eux-mêmes des spoliations de pouvoir d’achat.

Mais cela s’inscrit dans un processus d’augmentation continue des prélèvements, sans oublier l’effet de l’entrée en vigueur de l’euro, où chacun a le sentiment soit d’avoir perdu du pouvoir d’achat, soit de ne plus savoir précisément ce qu’il gagne, ce qu’il possède.

Le ralentissement de la croissance risque d’obérer les perspectives de relance et donc de possibilité d’augmentation de salaires et des retraites.

L’automne est donc un rendez-vous crucial pour que l’économie ne sonne pas le glas d’un espoir légitime des Français à retrouver une juste rémunération de leurs efforts.

Dans ce contexte, l’optimisme est un devoir civique, pour se donner toutes les chances d’enrayer les spirales négatives. En économie, c’est par ailleurs essentiel pour stimuler les anticipations positives.

Alors, parions sur l’avenir et agissons ! Chacun a sa part de responsabilité. N’attendons pas tout du gouvernement, même si un message clair et fort sur la politique des rémunérations est nécessaire. Et attendu !

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

France-Etats-Unis : chacun sa fierté !

11 août 2007
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 12:25 pm --- Imprimer ce Post

L’amitié, la reconnaissance, la proximité et même parfois la complicité et la solidarité n’excluent pas entre nos pays et nos deux peuples la question de la fierté. Et celle non moins complexe de l’identité, que chacun entend promouvoir et protéger.

Depuis ses déclarations sur l’Irak, en marge d’une interview lors de la campagne présidentielle, l’analyse faite du positionnement de Nicolas Sarkozy a toujours donné lieu à de nombreuses polémiques, qui traduisent en fait la difficulté que nous avons à nous situer face à cette grande puissance mondiale, qui reste la première, malgré l’émergence de l’Inde et de la Chine.

Le Président Chirac a été le premier chef d’Etat à manifester sa compassion lors des attentats du 11 septembre en allant à New York. On ne retient que le droit de veto brandi lors du débat à l’ONU sur la question de l’Irak et de Saddam Hussein. C’est dire l’importance de la méprise, ou de la lecture idéologique de nos relations.

Le Président Sarkozy décide de passer des vacances aux Etats-Unis et de rencontrer le Président Bush en « voisin et ami ». On oublie que le premier geste diplomatique le jour de sa prise officielle de fonction a été d’aller saluer la Chancelière allemande à Berlin, ce qui est naturellement une grande première, manifestant ostensiblement aux yeux des Français et des Allemands la priorité stratégique de notre « axe ».

Pourquoi ? Tout simplement parce que nous voulons exister à côté du géant américain et promouvoir nos propres valeurs.

Il y a une fascination populaire pour l’Amérique. Il y a symétriquement une critique idéologique du capitalisme ultra-libéral, parfois d’ailleurs, caricaturé tant il est vrai que les Etats-Unis savent se protéger, intervenir via l’Etat pour défendre leurs intérêts, renoncer à leurs dogmes de liberté quand ils menacent leur hégémonie.

Il est temps d’avoir une analyse décomplexée de notre relation. La démocratie américaine mérite mieux que l’anathème primaire, surtout quand nous avons légitimement des visions opposées.

Qu’il faille que l’Europe soit plus puissante est une évidence pour que s’instaure un dialogue équilibré, une dialectique à armes égales. Mais ne soyons pas frileux.

Les Américains sont de vrais amis.

La communauté de nos réflexes est plus vitale que nos affrontements politiques face à la fureur du monde.

Il y a peu de démocraties dans le monde. Et les menaces terroristes qui pèsent sur nous sont les mêmes.

Ce constat ne doit pas empêcher la liberté de ton, l’autonomie de l’analyse, la prise de conscience de conflits d’intérêts.

Nous avons été de vrais amis en annonçant l’impasse de l’intervention militaire américaine en Irak.

Nous avons été de vrais concurrents en soutenant l’aventure européenne d’Airbus.

Nous avons été de vrais partenaires en cherchant à donner à la culture une place éminente dans notre relation : ouverture du Louvre et de Versailles aux tournages de films américains, présence du Louvre à Atlanta, soutien par une grande exposition à la réouverture du musée de la Nouvelle Orléans.

Nous avons été de vrais lâches en n’agissant pas suffisamment fortement pour mieux régler le processus de paix entre les Israéliens et Palestiniens, qui est un dossier méditerranéen et donc européen….

Dans ce dialogue éternellement conflictuel malgré sa spontanéité, l’essentiel est d’assumer sa propre fierté, en ayant l’intelligence tactique de ne pas l’assortir d’arrogance.

Le jour du vote à l’Unesco de la convention sur la diversité des expressions culturelles et sur leurs protections, j’avais, dans un même élan, « déclamé » : vive la culture américaine, vive la culture chinoise, vive la culture française, vive la culture espagnole…

Aujourd’hui en guise de toast pour le déjeuner du Kennebunkport, disons avec la même force : soyons fiers de la France quand elle voit juste, soyons amis des Américains quand ils sont visionnaires, soyons militants quand nos intérêts sont en jeux, soyons pacificateurs quand de mauvais procès font l’actualité !

International
 
Reagissez, laissez un commentaire !
 

Le visage du Cardinal Lustiger était la lumière même de la bonté

6 août 2007
Enregistré dans : Réflexion et messages — RDDV @ 8:18 pm --- Imprimer ce Post

Malgré son immense souffrance qu’il transcendait, le Cardinal Lustiger rayonnait d’une bonté magnifique. Ce symbole de la foi, du dialogue inter-religieux, et de l’humanisme donnait le sentiment de porter la douleur du monde vers le Christ.

Son humilité renforçait son autorité. Sa douceur la force de son engagement humain et Spirituel.

A New York, cet hiver, il avait tenu à honorer de sa présence la manifestation que j’avais organisée pour que la cérémonie des « Justes de France » créée à Paris au Panthéon avec le talent d’Agnès Varda, puisse se tenir à Washington et dans plusieurs villes américaines.

Jusqu’au bout, sa vie a été un don total de sa personne. Il était un messager de Dieu au cœur de la cité des hommes.

Lui rendre hommage, c’est agir pour la paix, la diversité, la tolérance et la charité.

 
Reagissez, laissez un commentaire !
 
 
Fermer
E-mail It