Pour les dossiers internationaux sensibles, inventons un contrôle d’un nouveau type !
Il y va de l’intérêt supérieur de notre pays, tant sur le plan politique qu’économique, d’agir sur la scène internationale et de traiter des dossiers sensibles et complexes.
Qu’il s’agisse des grands contrats internationaux ou des libérations d’otages, voire de délicates négociations diplomatiques, la confidentialité et même parfois le secret s’imposent.
Pourtant un contrôle politique doit exister. Qui ne voit qu’une excessive publicité donnée à des sujets internationaux peut faire le jeu de nos concurrents économiques ou politiques… « La France n’est pas un pays sûr »… Ce genre de remarque formulée à l’étranger peut coûter des contrats ou faire reculer des décisions de libération par exemple.
Il faut inventer une procédure appropriée. Ce sera une nécessaire rupture entre le secret sans contrôle et la divulgation sans précaution qui sont aujourd’hui nos fâcheuses méthodes et nos mauvaises habitudes.
Ne peut-on imaginer autour du Président de la Commission des Affaires Etrangères, 2 ou 4 parlementaires (l’opposition étant naturellement représentée), tous tenus au secret et compétents pour recevoir toutes les informations de l’exécutif en temps réel et disposant de vrais pouvoirs d’investigation ?
Ce serait un dispositif permanent auquel le gouvernement devrait obligatoirement rendre compte pour les dossiers relevant du secret défense. Pas après coup mais en permanence. Ce système n’interdirait ni les auditions classiques, ni les commissions d’enquête, mais serait approprié pour rendre compatible le contrôle de l’exécutif et l’intérêt supérieur de la Nation.
Ce « jury d’honneur » que l’on pourrait baptiser « Comité parlementaire du contrôle stratégique de l’Etat » délivrerait après examen et contrôle une sorte de « quitus » qui de surcroît éviterait rumeurs, calomnies et malveillances.
La Commission d’enquête constituée sur la libération des infirmières bulgares – pour légitime qu’elle soit – s’apparente plus à un règlement de comptes politique qu’à une procédure digne d’une grande puissance comme la France qui a de nombreux intérêts à défendre et de vastes contrats à négocier.
Alors innovons sans attendre. Cela renforcera le Parlement, le Gouvernement et la démocratie, en faisant de la France une république moderne, exemplaire mais non naïve…Nul doute que certains pays amis regretteront de ne plus pouvoir nous déstabiliser de l’extérieur en utilisant les armes du combat médiatique sans d’ailleurs que les intéressés n’en soient toujours conscients ….

