Conférence de presse du Comité de suivi au Festival de Cannes
Je m’invite par surprise à cette conférence de presse, au plus chaud du conflit. Je suis en fonction depuis un mois et demi. J’ai gagné à Bourges un délai pour rechercher une solution. Ma conférence de presse du 5 mai, malgré les propositions et les avancées, a déçu. La pression se maintient et le Festival de Cannes va être mon moment de vérité. Entrée très théâtrale : au moment où j’arrive, Jean-Pierre Brard s’exclame “la question se pose de savoir si Donnedieu de Vabres est un leurre” (cela veut dire, au moins, qu’ils me trouvent sympathique et plein de bonne volonté ! ce n’était pas gagné !). je réponds “Le leurre, le voilà !”. Je suis harcelé de questions, pas nécessairement agressives, mais très passionnées - et très techniques ! J’essaie de résister, de rester sur la ligne préparée ! Cela ne suffit pas. Je dois improviser, me lancer, sans filets. Seuls, ce contact direct, cet engagement personnel d’un Ministre peuvent montrer une avancée du gouvernement, débloquer la situation, montrer qu’un résultat a été obtenu par des mois de lutte. C’est un moment qui donne toute sa justification à la responsabilité d’un homme politique, d’un Ministre du gouvernement. Je sens le poids de l’honneur, de la difficulté, des incertitudes !


LANGET vous informe que :
Je suis toujours étonnée de constater la prépondérance que l’on accorde aux arts du spectacle. Je me sens, en ce qui me concerne et en tant que designer, peintre, extrèmement frustrée, et je ne suis pas seule. Les plasticiens seraient-ils plus discrets, plus fatalistes que les les autres artistes ? D’ailleurs, lorsque le commerce du fruit de ma créativité ne fonctionne pas (car il s’agit bien de commerce pour vivre), ce qui m’est arrivé comme à nombre d’autres en 2002 et 2003 (pratiquements deux années sans chiffre d’affaire !!) ai-je droit au chômage comme les intermittents ?
La peinture, le design, la création, et autres, sont-ils des arts mineurs pour être aussi mal considérés ?