DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

Elargissement

23 juin 2003
Enregistré dans : International — RDDV @ 11:48 am --- Imprimer ce Post

10 millions d’hommes et de femmes ont ce week-end rappelé la force du peuple, du suffrage universel, du vote. Les pas sur les chaussées des grandes capitales du monde sont les nouveaux bulletins de vote des temps actuels. Sans les règles qui garantissent la représentativité, mais avec la réalité et la force de la spontanéité et souvent de la générosité.

Ce retour en force du principe démocratique est salutaire. Les dirigeants ne tiennent en effet leur légitimité que du vote. Les décisions politiques, leur force et leur réalité que de la ratification par le Parlement ou par les citoyens eux-mêmes. C’est vrai pour l’attitude à adopter dans la crise irakienne. C’est aussi vrai pour le futur débat sur l’élargissement de l’Union européenne qui s’annonce.

Attention à l’absence de sincérité et d’engagement véritable des nouveaux candidats à l’Union européenne ! Attention aux décisions qui choquent à juste titre les « vieux » Européens ! L’exemple polonais, où le gouvernement après avoir âprement discuté le chèque agricole achète dans la même foulée les F 16 américains…, est à cet égard un cas d’école parfait de ce que la décence politique bien comprise devrait permettre d’éviter. La liberté des échanges commerciaux existe bien sûr. La provocation reste un risque que certains devront assumer.

Le raidissement des opinions publiques des 15 que nous appréhendons et que nous constatons risque de se nourrir d’un comportement européen, à éclipses, à géométrie variable, au gré des influences, des intérêts conjoncturels, des pressions plus ou moins déguisées.

La réunification de l’Europe est certes autant une chance qu’un devoir, une opportunité nouvelle qu’un défi. Pour rassembler et susciter l’adhésion générale, pour triompher des égoïsmes et des frilosités toujours présentes, un peu d’intelligence, un minimum d’habilité de la part des impétrants actuels ou futurs n’est pas superflu…

Le bras d’honneur est à radier de la liste des prescriptions politiques remboursées par le système européen… Ce n’est pas entretenir un climat d’affrontement artificiel bloc américain contre bloc européen que de le rappeler ces jours-ci !

Le Président de la République française, Jacques Chirac, a eu raison lundi de rappeler à l’ordre les « nouveaux », en stigmatisant leur « inconscience des dangers que comportait un trop rapide alignement sur la position américaine. »

La concertation entre Européens est une priorité. Elle ne signifie pas l’alignement automatique, l’esprit de caserne. Elle doit être un réflexe, surtout pour les pays comme la Roumanie et la Bulgarie dont l’adhésion a été repoussée à au moins 2007.

Elle est une prudence dès lors qu’il va nous falloir convaincre dans chacun des 15 pays actuellement membres de l’Union européenne.

Certains choisiront la voie parlementaire pour ratifier l’élargissement. D’autres le référendum, plus fort et solennel mais plus incertain et précaire. La démarche des futurs membres et des candidats risque dans cette perspective de renforcer un sentiment d’hostilité au sein des opinions publiques.

« Or il suffit d’un seul pays qui ne ratifie pas par référendum pour que ça ne marche pas. »

Pour que s’enclenche la dynamique européenne, aujourd’hui contrecarrée par les divergences politiques relatives à la légitimité de l’intervention armée en Irak, un peu de rigueur s’impose.

Sans redéfinition des priorités politiques réelles, l’Europe peut offrir de nombreuses brèches dans lesquelles s’engouffrent ceux qui redoutent la puissance de notre union. Jacques Chirac a eu raison de le rappeler avec l’autorité de son expérience.

Démocratie
 
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Education


Enregistré dans : Education — RDDV @ 2:51 am --- Imprimer ce Post

Je n’oublierai jamais mon « prof » de philo ! J’ai même failli provoquer un accident de la circulation en l’apercevant en train de marcher seul au bord de la chaussée, il y a quelques années de cela. J’ai freiné net. Je me suis arrêté. Tout simplement pour le saluer. Pour reprendre un coup de rayonnement humain et intellectuel exceptionnel. Pour le remercier. Pour lui dire que je ne l’oublierai jamais. Sans être excessivement cabot, j’ai eu grâce à lui une excellente note en philosophie au bac ! Le sujet était : « Peut-on affirmer que tout acte est volontaire ? » ! Mais ce n’est pas mon orgueil qui m’a conduit à cette spontanéité peut-être naïve ou puérile. C’est que le pouvoir, l’aura, l’influence d’un grand « prof » laissent une trace indélébile.

En préparant le Conseil interministériel de l’après-midi et l’intervention télévisuelle de la fin de journée, nul doute que le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin se souviendra de ses anciens
« maîtres ».

En s’exprimant, il pensera forcément aux meilleurs d’entre eux, avec peut-être la fierté de leur prouver qu’il n’est pas un « chaînon manquant » ! Qu’il a su porter au plus haut leurs préceptes, leurs exigences !

Comme, ce soir, le fit l’immense virtuose de renommée mondiale, Evgueni Kissin, en dédiant son concert au Théâtre des Champs Elysées à « sa » professeur de piano, Anna Kantor, qui fêtait ses 80 ans. La fougue et la maîtrise rares de ce pianiste exceptionnel ont certainement été décuplées par la présence dans la salle électrique de celle qu’il reconnaît comme son seul maître. « Elle m’a tout appris » a-t-il aimé rappeler.

Souhaitons, soit dit en passant…, que cet hommage se tienne de nouveau un jour dans la célèbre Grange de Meslay – ce lieu sublime où continue de « régner » l’âme de Richter -, dont la vocation musicale doit renaître du mépris où elle est malheureusement enfermée. Par la faute de l’actuelle équipe municipale de Tours. Qui commet une faute sacrilège, privant notre ville de son statut de véritable capitale culturelle et économique de la vallée de la Loire.

*  *  *

Souvenez-vous, vous qui avez la gentillesse de me lire ! Chacun d’entre nous a d’un ancien professeur une image, un visage, une histoire en tête.

Ce pouvoir suscité, fécond et durable, est la récompense de la dureté et de l’ingratitude de ce magnifique métier. Alors, cessons de faire des enseignants les boucs émissaires de tous les dysfonctionnements de la société française.

S’ils sont aujourd’hui confrontés à des jeunes particulièrement violents et difficiles à capter, à entraîner, pourquoi leur en attribuer l’entière et intégrale responsabilité ?

N’est-ce pas prioritairement aux familles, au père et (ou) à la mère d’éduquer l’enfant, le jeune, pour le rendre moins « brut de décoffrage » ! Pour l’initier aux droits et devoirs de la vie sociale. Pour que son voisinage ne soit pas l’enfer.

C’est nécessaire de le rappeler à un moment où les professeurs ne se sentent pas assez écoutés, reconnus, représentés, défendus.

Ce n’est pas d’ailleurs tout à fait faux car la réalité des témoignages sur le fonctionnement actuel de l’école est plus qu’édifiante. Totalement alarmante sur les dérives graves de notre société, où se manient comme un refrain permanent et habituel insultes, incivilités, injures racistes et comportements grossiers voire délictuels.

Les Français doivent changer de regard sur le monde enseignant. Etre moins injustes. A charge pour les fonctionnaires de l’Education Nationale en retour, de ne pas instruire de faux-procès.

Personne dans la majorité ou dans l’équipe gouvernementale actuelle ne veut « démanteler », « privatiser » l’Education Nationale. Oui, « l’Education Nationale » ! Que les syndicats veuillent bien reconnaître que dans notre esprit ces deux termes sont sincèrement accolés car ils riment bien sûr avec égalité des chances.

*  *  *

Prolonger les réformes déjà engagées pour ce qui touche à l’équipement, à l’entretien, à la rénovation des établissements, ne remet absolument pas en cause la compétence de l’Etat pour la délivrance des diplômes, le déroulement des carrières, les principes et le contenu de la pédagogie.

Halte à la désinformation, à la caricature de nos intentions.

Quant aux fonctions sociales et médicales, qui peut prétendre aujourd’hui que l’Etat les assume correctement ? Qui peut sincèrement s’insurger contre la responsabilisation du département en la matière, puisque c’est déjà une de ses compétences pour d’autres catégories sociales ?

Je me souviens du débat parlementaire que nous avions eu sur la nécessité ou non d’une prescription médicale pour la « pilule du lendemain ». L’insuffisance malheureusement constatée de la médecine scolaire nous avait contraints à court-circuiter le corps médical et à s’en remettre au personnel infirmier pour éviter qu’un délai ne complique drastiquement la question. Il est donc urgent de renforcer l’exercice concret de ces responsabilités.

Comment ne pas souhaiter que l’école soit véritablement le pivot ET de la transmission du savoir ET de l’éducation à tous les sens du terme. Qu’elle soit ouverte à de nombreux partenaires publics. Je pense notamment aux secouristes de la Croix Rouge ou du Corps des Sapeurs Pompiers qui pourraient utilement former à leur « science » si précieuse tous les jeunes Français au collège. Sans aucune exception.

C’est un exemple parmi tant d’autres de ce qu’il faudrait développer pour que se scelle une réconciliation définitive entre les Français et leur école, les Français et leurs enseignants.

*  *  *

La sémantique en politique est très importante. De ce point de vue, le terme de décentralisation ne revêt pas en lui-même de valeur concrète pour nos concitoyens.

Pour susciter ou renforcer leur adhésion, préférons parler de proximité, d’obligation de résultats, de responsabilité, de contrôle de l’action, de souplesse, d’expérimentation. De clarification des compétences .

Jean-Pierre Raffarin a parfaitement raison d’insister sur cette priorité politique, même si elle n’apparaît pas comme telle immédiatement aux Français.

Certains de nos compatriotes se disent que tout pouvoir autre que le leur sera de toute façon lointain, aveugle, coûteux, impuissant. Inapte à comprendre. A diagnostiquer. A traiter. Définitivement étranger à la réforme, à l’action.

*  *  *

Chacun, à tous les niveaux, doit être véritablement au cœur de la mêlée. Là où les difficultés, en s’accumulant, créent la désespérance, l’exaspération. Parfois même la violence.

Ministres, élus du suffrage universel, tous ceux qui prétendent assumer une fonction et une responsabilité, nous devons en permanence témoigner, représenter, décider. La Déclaration des Droits de l’Homme le prévoit en stipulant que « toute distinction sociale doit être fondée sur l’utilité commune »… Alors ! Au contact ! Non pas à l’abordage, mais à la passerelle pour faire face au gros temps !

*  *  *

Devoir de dialogue, droit de grève, « droit au bac », tels sont les trois éléments décisifs des heures qui s’annoncent et que va rythmer l’actualité « politique », au sens plus que jamais de vie de la cité, c’est à dire vie de chacun.

Les difficultés et les doutes du métier d’enseignant trouvent ici comme limite les affres du jeune à l’avant-veille du bac, d’un examen, d’un concours, qui attend légitimement d’être étalonné sans retard ni attente et qui ne peut accepter d’être ajourné à cause d’autrui.

Le bon point d’équilibre entre les exigences contradictoires n’est pas facile à obtenir. Ce sera le triomphe du vivre ensemble transcendé et réussi, si chacun y trouve son compte.

Ce sera l’amorce de règlements de comptes, de représailles et d’anathèmes, si tous ont le sentiment « en fin de course » d’avoir perdu.

Faudra-t-il un « sacrifice » pour y parvenir ?

Ce sera peut-être aussi injuste que nécessaire.

 
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Représenter les courants de l’Islam, mais également les laïcs du Sud de la Méditerranée !

15 juin 2003
Enregistré dans : Laïcité — RDDV @ 12:32 pm --- Imprimer ce Post

L’annonce des résultats de la consultation régionale pour la représentation du culte musulman a suscité à bon droit de nombreuses réactions.

Chacun ressent confusément une gêne face à la “réalité électorale” qui apparaît au grand jour. Les courants les plus rigoureux de l’Islam sont en France prépondérants. De là naît la peur de l’impossibilité d’une vraie intégration de certains citoyens français de religion musulmane plus enclins au respect des codes rituels qu’aux lois de la République. Le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, est à cet égard direct en posant carrément la question de sa démission de la présidence du Conseil Français du Culte Musulman : “je ne peux pas cautionner une instance où vont dominer les intégristes. La société française doit se réveiller : nul n’est à l’abri d’une déferlante islamiste”.

Faux procès ? Fantasmes ? Constat cruel ? Comme toujours, les choses ne sont pas aussi simples ou purement binaires.

Nicolas Sarkozy a raison de souhaiter un islam de France, de croire possible une sorte de géographie de la religion aboutissant à un mariage heureux entre la loi française et les préceptes du Coran, d’agir concrètement pour que le culte musulman ne soit pas enfermé dans les caves et les sous-sols souvent indignes.

Et pour autant, le score obtenu par l’UOIF – qui ne doit pas devenir le partenaire privilégié des pouvoirs publics – est  évidemment inquiétant car il semble traduire une vision beaucoup plus conflictuelle. Antagoniste. Un vrai choc de civilisations qui s’annonce, en se préparant en douceur. Un schéma de rupture et d’affrontement qu’il faut à tout prix éviter. Où la religion peut faire office de constitution politique.

Toutes les bornes sont parfois franchies. Il est ainsi édifiant et scandaleux d’apprendre qu’au Département arabe de l’Institut National des Langues Orientales des élèves ont refusé qu’une spécialiste de l’islamologie lise des versets du Coran prétextant que c’est interdit aux femmes non musulmanes. Ca suffit !

***

Le fait que de nombreux jeunes puissent se réclamer d’une affiliation qui tangente l’intégrisme prouve l’urgence qu’il y a à ce que chacun puisse tout à la fois identifier ses racines, ce qui est nécessaire et légitime, et se sentir, au sens fort et plein du terme “enfant de la République”, c’est à dire capable de réussir et de se sentir à l’aise dans les lois du sol français où il est d’ailleurs souvent né…

Ce qui suppose que nous sachions réaffirmer avec fierté et sans aucune repentance la valeur des droits de l’homme, de nos principes démocratiques et républicains, du respect dû à la personne humaine, aux hommes comme aux femmes d’égale dignité.

Il y a urgence, car l’édifice paraît se lézarder. La France est parfois méconnaissable, au sens où elle ne ressemble pas à ce que nous voudrions qu’elle fût : un pays fort, humaniste, rayonnant d’une pratique effective de nos valeurs communes. Et non une constellation de communautés voisines, puis rivales, avant d’être franchement hostiles.

Un lavage de cerveau au “savon républicain” est vraiment nécessaire. Non pour gommer les cultures, les traditions, les origines, mais pour les situer dans une perspective dynamique et positive, comme un apport, une “fondation”. Et non un mausolée où l’air ne rentre pas, où chacun rétrécit, se recroqueville et ne supporte plus “l’autre”. Quel que soit l’autre, qui devient “en soi” intolérable, étranger, interdit de cité, frappé d’indignité.

Oui, il est vraiment impératif de prendre conscience des dangers extrêmes du fanatisme, de l’intégrisme, du communautarisme pratiqué jusqu’à l’absurde, c’est à dire la négation de toute altérité.

Impératif également de retisser des liens solides et fraternels entre tous les citoyens de notre pays. Ce qui suppose le respect d’autrui, mais également l’acceptation sans aucune restriction de la “loi supérieure”, cet ensemble de préceptes et de valeurs qui fondent la République française que nous aimons. Que nous devons aimer ou alors que nous devons quitter… pour adapter à la France une maxime d’origine américaine !

***

Organiser le culte musulman dans notre pays est une obligation morale, tant il est vrai que chaque religion doit avoir “droit de cité”, c’est à dire pouvoir être pratiquée dans des lieux ouverts, accessibles, décents, beaux. De ce point de vue, le Conseil Français du Culte Musulman est tout à fait primordial. Son existence, attendue, est en elle-même la reconnaissance et l’acceptation de ce principe concret d’égalité. Une irruption féconde pour régulariser des anomalies choquantes.

Mais il ne faut pas qu’une institution chargée des questions religieuses franchisse le périmètre du laïc, où la légitimité doit être exclusivement politique c’est à dire issue du suffrage universel, sans aucune exclusive autre que la nationalité.

Que le CFCM se saisisse  de la question du foulard islamique, “baptisé” voile de manière plus provocatrice…, et de son régime d’autorisation permettra de faire le point sur la part religieuse du problème. C’est utile et intéressant car sera débattu par là-même le cumul-conflit entre pratique religieuse et mode de vie, entre rite et civilisation, entre le temporel et le spirituel. Ne sera pas pour autant épuisée l’intégralité du sujet : d’autres religions sont concernées. Et au delà des aspects spirituels, des considérations philosophiques, civiques et politiques doivent primer. Et emporter la décision.

Au nom de principes “géographiques”,  inscrits dans le sol de la Nation française. Politique au sens universel et transversal du terme. Ancrés dans la réalité de notre histoire, de nos traditions, de nos coutumes. Et “bousculés” par l’évolution nécessaire sans pour autant sombrer dans un maelström confus, indéfini et donc vulnérable. Dans une confusion générale où finissent par triompher les idéologues, les sectaires et les fanatiques. Où le camp de ces nouveaux trotskistes peut l’emporter sur la masse des “sans”. Sans foi, sans conviction, sans appétit spirituel, sans réflexe civique. Nous… Si nous n’y prenons garde et si nous ne nous réveillons pas !

***

La culture méditerranéenne de la France ne fait pas de notre pays un Etat musulman. Il faut donc créer à côté du CFCM une instance laïque, représentant les origines “sudistes” de nombreux de nos compatriotes. Rendant fécond l’enchevêtrement des cultures, des origines. Vivaces et réconciliés, les rapports entre les deux rives de la Méditerranée. Pacifiques les pratiques religieuses. Yazid Sabeg, Betoule Fekkar-Lambiotte qui a su quitter à temps le Conseil Français du Culte Musulman, et tant d’autres ont pris une initiative opportune et intelligente, la création de “la Convention laïque pour l’égalité des droits et la participation des Musulmans de France”. Vitale, en fait pour éviter de contraindre à l’Islam les Français de Méditerranée qui souhaitent simplement être respecté, en tant que Français du Sud, et non en tant que Français “d’origine musulmane”, comme le disent certains esprits complètement déstructurés et déboussolés. Qui devraient en fait parler des Français de religion musulmane… ou d’origine algérienne, marocaine, tunisienne. Bref méditerranéenne !

Combien de fois faudra-t-il répéter que la religion ne saurait constituer une origine nationale dans la tradition française ?

Ces dérapages de plus en plus fréquents sont la semonce d’un rappel à l’ordre qui devient vraiment urgentissime. Comme l’a affirmé avec vigueur et clairvoyance récemment le Cardinal Lustiger, visiblement préoccupé non par l’esprit de croisade et de conversion vers l’Eglise Catholique, mais par l’incompatibilité entre certaines dérives religieuses et les principes culturels, philosophiques et finalement politiques de la France.

***

Pointe à l’horizon – proche – une question insoluble… Choquante parce que vraie, brute de décoffrage et peut-être incendiaire : comment intégrer dans notre patrimoine vivant la religion musulmane sans oublier nos racines judéo-chrétiennes ?

Interrogation doublée par de nombreux fantasmes, de redoutables caricatures et de légitimes interpellations sur la philosophie politique sous-tendue par le Coran.

. D’où l’utilité d’enseigner à l’école le contenu de toutes les religions pour tenter d’éviter les mauvais engrenages, ceux qui partent de l’ignorance et conduisent à l’intolérance.

Les Français, très attachés à la laïcité, n’en sont pas encore persuadés, puisque 62% de nos concitoyens pensent que l’enseignement du fait religieux à l’école publique y porterait atteinte contre 36% qui estiment que cela fait partie de la culture générale des enfants (sondage IFOP pour le JDD 15 juin).

. D’où également la nécessité de réaffirmer sans aucune restriction la force de nos valeurs qui constituent la civilisation européenne, plus respectueuse du pluralisme que la civilisation occidentale, dont nous sommes l’aile humaniste.

C’est à une sorte de “croisade” laïque qu’il faut appeler, qui garantira à chacun l’épanouissement de sa liberté de conscience dans le respect de nos valeurs républicaines.

Ne donnons donc pas une sorte de monopole de la représentation à une instance religieuse. C’est contraire à notre système démocratique. Qui doit accueillir en son sein, sans tomber dans les pièges du communautarisme, la diversité française.

 
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Budget

9 juin 2003
Enregistré dans : Economie — RDDV @ 2:10 am --- Imprimer ce Post

Le budget, ce sont les moyens financiers nécessaires pour assurer les fonctions de l’Etat et la solidarité.
Mais, le budget, ce sont aussi nos impôts. Nous devons donc être extrêmement rigoureux en matière budgétaire, à la fois quantitativement et qualitativement.
Les critères de convergence européenne nous imposent une rigueur quantitative dont il n’est pas question de s’éloigner ; mais nous devons également être très attentifs à l’allocation des moyens, à leur pertinence et à leur efficacité.

 
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Croissance


Enregistré dans : Economie — RDDV @ 2:09 am --- Imprimer ce Post

Le gouvernement socialiste a bénéficié, tout au long de sa législature, d’une croissance internationale qu’aucun de ses prédécesseurs n’aurait osé espérer. Ce contexte favorable est en grande partie responsable du recul du chômage que notre pays a connu de 1997 à 2001.
Mais le gouvernement socialiste n’a profité en rien de cette croissance pour engager les réformes de fond dont notre pays a impérativement besoin (réforme de l’Etat, réforme de la fiscalité et des charges sociales, réforme des retraites…), pas plus qu’il n’a redistribué les fruits de la croissance aux Français : seule une partie infime des 500 milliards de francs (76 milliards d’euros) d’excédents de recettes fiscales a par exemple été rendue aux contribuables.

 
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Charges sociales


Enregistré dans : Economie — RDDV @ 2:08 am --- Imprimer ce Post

La France se situe au 4ème rang européen pour le niveau de ses salaires bruts. En revanche, elle se situe au 12ème rang en matière de pouvoir d’achat ! Entre les deux, se trouvent les impôts et les charges sociales.
Principale source de financement de la protection sociale, le poids des charges sociales sur le PIB (en 2000) est de 16,4 % dans notre pays quand la moyenne de l’UE est à 11,4% et celle de l’OCDE à 9,4 %.
Alors que le gouvernement Juppé avait mené une politique active d’allègements de charges sociales sur les bas salaires ( qui s’est traduite par la création de 400 000 emplois entre 1994 et 2000), le problème demeure aujourd’hui pour le poids des charges patronales sur les emplois qualifiés, ce qui prive la France de nombreux talents. Dès lors, pour accentuer les effets d’une reprise de la croissance et promouvoir une politique de l’emploi dynamique, nous agissons pour :
- de baisser l’impôt sur le revenu pour ne pas décourager nos talents (baisse de 6 % en 2002 et 2003) ;
- de baisser les charges sociales, notamment pour permettre aux salariés qui gagnent moins de 2 SMIC de bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat équivalent à un treizième mois de salaire.
C’est par cette approche que nous pouvons faire en sorte que la fiche de paye ne soit pas l’ennemie de l’emploi, en créant une vraie différence entre le pouvoir d’achat issu du travail et celui issu de l’assistanat.
Et c’est bien cette majorité qui baisse les charges sociales de 1,2 Mds d’euros par an pour permettre d’harmonier vers le haut  les 6 smics crées par les 35 heures. Au premier juillet 2003, le smic connaîtra une augmentation de 5 %, alors que la gauche avait provoqué une stagnation du pouvoir d’achat des salariés modestes

 
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Illetrisme

8 juin 2003
Enregistré dans : Education — RDDV @ 2:52 am --- Imprimer ce Post

L’illettrisme est un véritable scandale. Comment peut-on imaginer, qu’au début du XXIème siècle, autant de gens en France ne sachent ni lire, ni écrire, ni compter ?
Mais la réalité est là : l’illettrisme continue à se développer dans notre pays. Aujourd’hui 12% des jeunes de 17 à 18 ans ont d’importantes difficultés de lecture, dont la moitié (6% d’une classe d’âge !) sont en situation d’illettrisme. 10 à 15 % des élèves sont lâchés dans la société sans disposer des connaissances absolument indispensables pour s’y faire une place. La gauche porte une lourde responsabilité sur ce sujet. Elle prône l’égalité des chances, mais elle n’a jamais eu le courage de remettre en cause certains principes, comme le collège unique par exemple, par idéologie et par lâcheté. Or, en la matière, aucun principe politique, aucune idéologie, aucun terrorisme intellectuel ne résiste à la réalité.
Plutôt que le développement l’assistanat pour compenser celui des inégalités, nous préférons offrir à chacun une vraie chance d’insertion dans notre société. Toutes les solutions devront être étudiées ; tout devra être mis en œuvre pour que chacun puisse bénéficier dans notre pays d’un bagage minimum.

 
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Créer les “auto-écoles” de l’informatique et du multi-média


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J’ai la foi du charbonnier ! J’ai franchi très récemment la “frontière”, celle qui sépare les utilisateurs du minitel des surfeurs d’internet.

D’où le fait que je vous abreuve sur le net… Mais n’ayant pas de limite raisonnable à la volonté de vous convaincre, je constate que sont nombreux les Français non reliés, non branchés… Pour lesquels la “souris” reste un animal à piéger grâce à un petit morceau de gruyère ! Ne pas rester en chiens de faïence …, essayer de déplacer les lignes de clivage, les résistances au changement , les a priori sectaires et néfastes, c’est mon objectif.

Etre identifié, faire comprendre ce à quoi je crois, tenter de créer le mouvement, si ce n’est l’adhésion en tout cas la réaction, c’est vraiment le sens de ma démarche internautique. Volontaire et pourtant réaliste. Ma manière à moi de tirer les conclusions du 21 avril.

Les bras croisés, les yeux bandés, l’air satisfait, jamais ! L’heure est à l’hyper-action, au “contre-terrorisme” intellectuel, à la persuasion et à la compréhension de chaque m² de nos villes et de nos campagnes.

Malgré la censure locale de tous ceux dont les intérêts et les complicités croisés stérilisent les initiatives.

Le “net” déborde les frontières, les antichambres, les murs ; crée des contacts atypiques ; fait réagir ; tisse des liens aussi spontanés que fugaces, donc foisonnants parce que gratuits, libres et faciles. A l’image de notre époque.

Pourtant un fossé existe. Subsiste. Qui n’est pas générationnel, car de très nombreux “cheveux blancs” sont passionnés, reliés, accrocs ! Ayant la passion et la soif de toujours découvrir, d’être à l’écoute de ce qui bouge et se crée, ne serait-ce que pour étonner leurs petits enfants pour lesquels cette technique de communication est une évidence. Non une technique maîtrisée, mais un compagnon familier. Le porte-plume des temps modernes ! Le “Lagarde et Michard” de ma jeunesse !

Il nous appartient donc de rendre cet instrument étrange et mystérieux accessible à chacun. Non plus étranger. Mais proche. Disponible pour rendre des services quotidiens.

D’où mon idée de reproduire le concept des auto-écoles par lesquelles nous sommes tous passés. Alors, dans chaque quartier, dans chaque école, dans chaque bureau de poste des communes les plus isolées, dans chaque lieu “fréquenté”, le “diable”, cet outil étrange de communication qu’est l’ordinateur, présenté par de spontanés formateurs, qui peuvent être selon les cas de talentueux professionnels comme des jeunes désireux, en sens inverse des pratiques habituelles, de former leurs aînés . A chaque Français, un droit à la formation matérialisé par un passeport. Un permis à points !

Un rêve impossible ! Non ! Il suffit que les maires, les villes s’en chargent. Cela aura comme “bénéfice collatéral” de rendre populaire le concept de proximité, d’initiative, de service rendu, de souplesse, d’obligation de résultat. Tous les synonymes concrets de la décentralisation !

Suivez mon regard…

Alors créons sans attendre les auto-écoles de l’informatique et du multimédia. Une journée de lancement, des opérations portes-ouvertes !

Nous étions en avance sur l’usage du minitel. Il est urgent de rattraper notre retard sur le “net”.

 
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Allemagne

5 juin 2003
Enregistré dans : International — RDDV @ 11:49 am --- Imprimer ce Post

L’Allemagne est probablement le pays qui incarne le plus l’histoire mouvementée du XX ème siècle.
A deux reprises elle a été en guerre contre le reste du monde. Elle a subi les errances et les horreurs du nazisme. Elle a été le symbole de la guerre froide, seul pays d’Europe à être coupé en deux. A deux reprises elle a été l’ennemie de la France, et il y a 60 ans – c’est dire il n’y a pas si longtemps – son envahisseur.

Que de chemin parcouru entre nos deux pays ! Et cela grâce à nos dirigeants qui ont compris qu’il n’y avait que la construction d’une Europe forte et unie qui pouvait ramener durablement la paix sur le continent. Dès lors le couple franco-allemand a été - avec de Gaulle et Adenauer à ses débuts – le moteur de la construction européenne. Et c’est justement cette construction que nos deux pays souhaitent poursuivre fermement dans la perspective d’une Union politique. Ils en ont souligné l’importance lors du 40ème anniversaire du traité de l’Elysée en janvier 2003 à Paris et Berlin.

Europe
 
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Pour éradiquer le terrorisme, démocratie et services secrets doivent faire bon ménage !

1 juin 2003
Enregistré dans : Sécurité — RDDV @ 12:45 pm --- Imprimer ce Post

La menace terroriste plane tel un vautour noir sur le monde occidental et sur l’ensemble de la planète. Utilisant comme une arme redoutablement efficace pour répandre la terreur et susciter de sinistres vocations, l’instrumentalisation des médias.

Rien ne rendra jamais légitime le terrorisme. Aucune cause ne peut en effet justifier l’emploi de tels moyens, l’horreur ultime étant désormais le sacrifice des « bombes humaines ». Sachons par contre reconnaître que le terreau, le vivier dans lesquels prospèrent et se multiplient les recrues terroristes, sont alimentés par de « justes » revendications qu’elles soient politiques, territoriales, économiques, religieuses, sociales.

D’où la nécessité d’agir sur cet environnement salement propice. Notons à cet égard que la résolution de la question palestinienne ne fera pas disparaître le fanatisme du fondamentalisme islamiste, mais elle le privera d’un soubassement intelligible.

La haine, la violence aveugle se nourrissent dans le monde actuel alternativement, dans une ronde diabolique, de faits tangibles et d’irrationnel religieux. D’où la complexité de la stratégie à mettre en œuvre pour limiter au maximum possible cette guerre d’un nouveau type qui nous est livrée.

S’attaquer aux foyers terroristes eux-mêmes est naturellement la priorité. Le choix de mauvaises cibles, de faux ou pseudo ou partiellement coupables est une erreur grave, car au lieu d’isoler, de désigner les vrais criminels, cela renforce les solidarités exécrables. De ce point de vue, ce n’est pas faire de l’anti-américanisme primaire que de redire que Saddam Hussein n’est pas Ben Laden.

Cette lutte implacable qu’il faut mener pose pour les démocraties de nombreuses questions fondamentales. Peut-être même quelques révisions déchirantes.

La raison d’Etat ne saurait jamais justifier l’injustifiable. Mais elle existe. Elle a des besoins légitimes. Surtout si l’on veut être efficace.

• La première question redoutable a trait à l’accès aux moyens audiovisuels, au droit à l’information. Ce fondement de la liberté et de la démocratie peut servir d’arme de destruction massive supplémentaire lorsqu’il est mis à la disposition du terrorisme.

Les images effrayantes, absolument irréelles bien que très réelles, des attentats du 11 septembre, ont créé un électrochoc mondial. Positif par la condamnation générale qui s’en est suivie. Négatif par l’audience planétaire que ces kamikazes ont ainsi pu donner à leur geste fou.

L’image de ce crime contre l’humanité a renforcé le sentiment de barbarie, démultiplié l’impact et la terreur issus des milliers de victimes.

Chacun a été « scotché » devant sa télévision dès l’annonce du drame. C’est dire qu’existe un besoin d’information. Jusqu’où le satisfaire sans prendre le risque d’alimenter de funestes engrenages, de terrifiantes spirales ?

Y renoncer priverait a contrario la démocratie de son privilège sur tout autre régime, à savoir le respect absolu de la liberté d’expression.

L’équilibre qu’il faut trouver repose sur la déontologie des responsables, même si la concurrence qui devient en un instant mondiale, rend illusoire toute réelle protection nationale.

Il n’y a plus aucun monopole possible de l’image, tant sont multiples les sources et diversifiés les moyens de transmission et de diffusion.

• La deuxième série d’interrogations porte sur le rôle des services secrets, des forces dites spéciales, absolument indispensables pour traquer la pieuvre terroriste et par nature régis par des « règles » particulières.

Il est prioritaire et urgent que les régimes démocratiques aient le courage de soutenir davantage et plus lisiblement l’action de leurs « services », comme on le dit avec une retenue aussi mystérieuse qu’entendue.

Pour débusquer les auteurs du terrorisme, et les neutraliser, identifier les complices et les relais afin de les mettre hors d’état de nuire, le moyen approprié n’est pas l’envoi de centaines de milliers de soldats…

Le cadre de telles opérations ne sera jamais explicitement débattu ni autorisé par les Nations Unies…

Ayons la lucidité et la franchise de reconnaître qu’en état de légitime défense, ce qui est le cas aujourd’hui face au terrorisme, la fin justifie l’emploi de certains moyens.

C’est peut-être choquant de l’admettre. Mais c’est la réalité crue à laquelle nous sommes confrontés.

Pour éviter les excès, les abus, les scandales, il faut imaginer une instance nouvelle de contrôle. Ayant des pouvoirs illimités, mais tenue au secret.

De nombreux militaires et fonctionnaires civils exerçant des responsabilités aussi utiles que complexes seraient certainement rassurés d’avoir des comptes à rendre pour qu’une sorte de quitus leur soit délivré au terme de leur mission.

Il ne peut s’agir d’un contrôle parlementaire classique, ni d’une mission publique et médiatisée.

On peut parfaitement imaginer à l’ouverture d’une législature que soit désignée, au terme d’un accord nécessaire entre l’exécutif et les groupes politiques de l’Assemblée Nationale, une Commission Spéciale de Contrôle des Services (C.S.C.S.), chargée de vérifier et de contrôler tous les services de l’Etat concourant à la lutte contre le terrorisme.

Des services qui ont besoin du secret pour être efficaces. Mais qui doivent être régis par certains principes pour ne pas être utilisés à des fins autres que la protection nécessaire de l’Etat.

Ce n’est pas créer une zone inquiétante de non-droit, un espace commode de règlements de comptes impunis, que de souhaiter redonner un champ d’action à nos services secrets et aux forces de police spécialisées dans la lutte anti-terroriste.

Le contrôle politique d’élus du peuple, prêtant officiellement serment de manière très solennelle de remplir avec déontologie cette magnifique fonction de « gardien du temple » de l’Etat et de la République, permettrait à la démocratie de faire enfin bon ménage avec certaines fonctions régaliennes de l’Etat aussi « sulfureuses » que nécessaires.

L’hypocrisie, dans les temps actuels, peut s’apparenter à de la haute trahison, n’en déplaise à certaines bonnes consciences, totalement décalées par rapport à la gravité de la situation à laquelle nous devons faire face.

Démocratie
 
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