DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

450 morts de la canicule oubliés… les coupables ? Nous tous.

24 avril 2003
Enregistré dans : Social — RDDV @ 2:20 am --- Imprimer ce Post

Le drame engendré par la canicule avec son cortège de cercueils abandonnés projette de notre société une image redoutable : celle du progrès économique tournant le dos à la solidarité humaine minimale. L’individualisme se mutant en égoïsme voire même en non-assistance à personne en danger est une réalité insoutenable et pourtant très actuelle.

Le dévouement parfois exceptionnel de celles et ceux qui accompagnent les personnes âgées dans les misères de leur vie quotidienne n’est pas en cause. Ni d’ailleurs la capacité du gouvernement à prévoir ou à traiter.

Il est des moments de recueillement national nécessaire, où la provocation politicienne est une forme monstrueuse de blasphème.

Honte à tous ceux qui ont voulu exploiter le cataclysme auquel nous sommes tous confrontés.

Que se taisent celles et ceux qui font figure de vautours.

Mais, par contre, que chacun d’entre nous accepte un exercice de lucidité et de vérité crues.

Nous aimerions que tout fonctionne sans nous. Que tout soit sur automatique. Que tout soit aseptisé. Qu’aucune image de détresse humaine ne vienne « fâcher » notre horizon « peinard ».

Eh bien non !

Ces alignements de cercueils que personne n’entoure en disent long sur l’horreur de la fin de vie de certains de nos anciens.

On parlait des chiens abandonnés l’été, recueillis par la SPA.

Il faut maintenant évoquer la solitude, qui est d’ailleurs plus que cela, des « oubliés » des temps modernes. Les cloisons de nos appartements étroits et parfois trop petits deviennent des murs et des citadelles où chacun s’enferme. Les plus heureux peuvent les quitter pendant l’été. Les autres y restent.

Ils attendent le regard, la chaleur humaine de celles et ceux qui se dévouent au-delà des charges de leur métier.

Beaucoup n’ont aucune assistance. Au terme des vacances de leurs voisins, ils seront retrouvés morts. Abandonnés.

Cette réalité atroce doit nous mobiliser pour trouver les solutions appropriées pour éviter cette apocalypse indigne d’une société soit disant évoluée, riche, civilisée.

Certes, le geste compassionnel d’un Ministre est important. Sonner juste, être à propos, redevenir un être humain sont des nécessités absolues.

Mais ne nous leurrons pas. L’essentiel n’est pas là. On pourra créer des milliers de postes supplémentaires, rénover les maisons de retraite, détecter plus en amont les détresses personnelles ou collectives, si chacun n’y met pas un peu du sien, si nous ne parrainons pas vraiment nos « aînés », le système public malgré le trésor de générosités individuelles ne fera pas face. Et restera débordé.

L’âge doit conférer des droits. Une écoute. Un respect. Des égards.

Sans idéaliser le passé, la réconciliation des générations est un impératif. Avec une vraie proximité, celle de la famille, parfois conflictuelle et électrique, mais fondée sur des liens sacrés.

La politique doit redevenir une morale laïque personnelle
.

Jean-Pierre Raffarin
a raison de le rappeler avec la générosité naturelle qui émane de sa personne.

François Hollande a monstrueusement tort d’épingler le gouvernement avec une indécente gourmandise.

Qu’ils soient de droite ou de gauche, qu’ils exercent dans le public ou le privé, les médecins qui se sont exprimés ces jours derniers ont su - eux - sonner juste, c’est à dire nous appeler tout simplement à être meilleurs que nous ne sommes.

Pour tirer les conclusions de ce mois d’août tragique, nous devons faire preuve d’une extrême lucidité. D’une transparence absolue pour que la vérité et la réalité soient sans aucun fard. Nos concitoyens doutent que nous en soyons capables. Ce sera la première étape d’une nécessaire prise de conscience collective. Avec ou sans commission d’enquête parlementaire, au fond qu’importe! Mais avec le souci de l’humain auquel nous a appelés le Président de la République.

 
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« Zaïr le Gaulois » décoré de la Légion d’honneur sous les ors de la République !

22 avril 2003
Enregistré dans : Société — RDDV @ 12:56 pm --- Imprimer ce Post

Un moment politique exceptionnel. Rare. Le temps magique de la réconciliation. D’une vraie « réunion » où se retrouvent des gens différents. Une sorte d’intermède heureux où l’on rêve que le meilleur est possible, puisqu’on le vit. Un appel à l’action, à la rencontre. A l’échange. Au partage. A la lucidité qui ne rend pas stérile et cynique mais volontaire et conquérant.

Zaïr Kedadouche reçoit de Pierre Mazeaud, alpiniste, juriste, ancien ministre, membre du Conseil constitutionnel, « enfant terrible » de génie du droit et de la politique française réunis, la Légion d’honneur. A tous les titres. En l’occurrence, ô ironie politique, sur proposition du ministre de la jeunesse et des sports, puisque l’impétrant est un ancien champion de foot… Salle des fêtes de l’Hôtel de Lassay. Lustres de cristal flamboyants. Boiseries dorées parfaitement restaurées. Ministres. Jeunes Français d’origine algérienne et de religion musulmane. Parlementaires. La « République » qui s’est réunie autour du Président Chirac. Il ne manque que le maître des lieux, Jean-Louis Debré, peut-être encore en train d’écrire une lettre inopportune au Premier Ministre…

Certains pourraient se demander s’il est bien nécessaire de relancer aujourd’hui le débat sur l’héritage socialiste, alors que l’audit des finances publiques effectué par Francis Mer a révélé déjà leurs nombreux débordements budgétaires et l’irréalisme de leur gestion.

A ceux qui douteraient de la pertinence de ce nouveau bilan, nous répondons qu’il est nécessaire de continuer à dénoncer des pratiques contraires à la morale publique afin qu’elles ne se reproduisent plus.

Nous estimions que l’ardoise des socialistes se limitait à un déficit en dérapage de 50 % en 2002, à une ardoise de 100 milliards d’euros à régler pour payer la mise en place autoritaire des 35 heures, et à des taux de prélèvements obligatoires inégalés jusqu’à présent. Mais c’était méconnaître leur expérience dans l’art du camouflage.

Les socialistes ont en fait miné le terrain économique et social français. Il appartient au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin de désamorcer les nombreuses bombes à retardement qu’ils ont laissées avec pas moins de 1,4 milliards d’euros de nouveaux crédits qui ont du être ouverts pour couvrir leurs débordements.

Champions paraît-il de la solidarité, les socialistes ont en fait explosé tous les dispositifs budgétaires pourtant votés par les députés.

C’est donc au mépris de la représentation nationale, qu’ils ont laissé dériver l’allocation personnalisée d’autonomie de 1,4 milliards d’euros, l’allocation adulte handicapé de 150 millions d’euros, la couverture maladie universelle de 220 millions d’euros, l’aide médicale indépendante de 445 millions d’euros et les primes de Noël de 600 millions d’euros.

Ces chiffres parlent tellement d’eux-mêmes que les socialistes ne cessent depuis des mois d’en limiter la résonance en occupant bruyamment l’espace médiatique.

Chaque semaine, ils se relaient sans complexe et avec une grande assurance pour critiquer la politique économique menée par le gouvernement.

En nous rappelant ainsi au respect du pacte de stabilité, ils passent sous silence le fait qu’ils en ont prémédité la violation.

En contestant le gel de quatre milliards d’euros de crédits, ils s’exonèrent d’explications sur la dilapidation de la cagnotte fiscale dont une grande partie aurait du être prudemment mise en réserve.

En nous interpellant sur les plans sociaux, ils font oublier aux Français l’impuissance avouée de Lionel Jospin face à leur augmentation de 40 % lors du premier semestre 2002.

En dénonçant notre soi disante inertie en matière d’emploi, ils négligent qu’ils ont sacrifié les salariés du secteur privé sur leur conception étatiste et subventionnée de l’emploi comme l’atteste la reprise du chômage dès 2001 avec 150 000 chômeurs de plus.

En critiquant les contrats jeunes entreprises, ils détournent l’attention sur l’impasse dans laquelle ils ont conduit ces jeunes voués à des emplois bouche-trou, sans formation ni perspective d’insertion durable.

En nous accusant de brader les fleurons de notre patrimoine industriel, ils éludent leur laxisme dans le contrôle des comptes des entreprises publiques dont le surendettement pèse lourdement sur les contribuables.

En parlant d’hyper impuissance du gouvernement, ces néo-conservateurs dont le seul parti est celui de l’immobilisme, se dédouanent de toute responsabilité dans le déclin de la compétitivité de l’économie française.

En critiquant le projet de loi sur la décentralisation et notamment les transferts proportionnés de compétences et de ressources, ils masquent le fait qu’ils ont procédé à des transferts de charges nouvelles sur les collectivités territoriales.

En criant que les Français n’ont pas le moral, ils oublient qu’ils les ont appauvris comme le démontre la quasi stagnation de leurs pouvoirs d’achat en 2000 et 2001.

Aux porte-paroles du Parti socialiste, les porte-paroles de l’UMP répondent ceci.

Vos accusations sont déplacées et vos critiques sont indécentes, car vous avez appauvri la France et l’avez enfermée dans un carcan de rigidité. Vous l’avez aussi menée dans une impasse budgétaire.

Nous savons que vous n’êtes pas à un paradoxe près et à une imposture de plus pour vous refaire une vertu.

Nous vous conseillons davantage de retenue, vous recommandons l’humilité comme thérapie, et vous renvoyons à vos déclarations toutes aussi inutiles que vides de sens.

Nous privilégions le pragmatisme sur l’idéologie et gardons le cap d’une politique économique volontariste destinée à jeter les bases d’une croissance durable.

Malgré les incertitudes internationales, malgré la menace d’une procédure pour déficit excessif, malgré les factures que vous n’avez pas honorées, malgré les problèmes structurels de notre société que vous n’avez cessé d’aggraver, malgré l’attentisme général, la détermination du gouvernement et de l’UMP est intacte à mobiliser les énergies pour gagner le pari de la croissance et pour redonner du travail à ceux qui l’ont perdu de par vos erreurs de pilotage.

Nous avons choisi la réforme à l’immobilisme, le soutien à la demande et l’investissement à la rigueur.

Sur le plan budgétaire, notre politique joue la rupture avec les pratiques scandaleuses des gouvernements socialistes successifs.

Le temps des mesures non financées est révolu. Les Français veulent des comptes publics sincères et véritables et une politique budgétaire transparente en phase avec l’activité économique .

Nous répondrons donc à leurs attentes.

 
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L’addition des volontés nationales des 25 pour l’Europe de la Défense est urgente.

1 avril 2003
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 11:44 am --- Imprimer ce Post

Les citoyens ne doivent pas être tenus à l’écart de l’Europe, des débats qui préparent son avenir, qu’il s’agisse des institutions ou des nouvelles politiques.

L’actualité récente a d’ailleurs montré que naissait une opinion publique européenne. D’une capitale à une autre, d’une ville à une autre, les frontières s’abolissent. Des liens politiques se nouent. Une stéréo démocratique s’est enclenchée, pour le respect du droit, pour la consécration de l’ONU, pour le rejet d’une guerre illégitime.

L’Europe des citoyens est en marche. Et pour autant, des divergences entre gouvernements, entre responsables politiques se sont affichées avec brutalité. Beaucoup d’Européens doutent maintenant de la sincérité de la démarche, ne croient plus que nous avons une vision commune de l’avenir notamment pour ce qui concerne la sécurité extérieure, la politique étrangère, la défense.

Les rassurer, c’est faire par souci de vérité, de franchise, de solidité, le constat. Le constat de ce qui nous rassemble, le constat de ce qui nous divise.
Qui accepte quoi ? Qui est prêt à réellement agir avec qui ?

Deux questions qui ne sont pas innocentes aujourd’hui.

Je propose la tenue d’une conférence parlementaire pour l’Europe de la défense et de la sécurité.

C’est à dire la réunion des 25 Commissions des Affaires Etrangères et de la Défense des Assemblées élues au suffrage universel, pour faire le constat de l’existence ou non d’une volonté commune d’agir. Les parlementaires ne seraient-ils pas dans leur rôle de porte-parole et d’éclaireurs ?

Je propose que cette conférence parlementaire s’attache prioritairement, par la publication d’un Livre Blanc, à définir les menaces qui pèsent sur notre sécurité extérieure. D’une même analyse des menaces et des priorités, peut alors découler une stratégie commune d’actions à mettre en œuvre. Un sentiment d’unité peut éclore. Dont pourrait se saisir le Parlement européen.

Faire face. A la crise. Aux menaces. A la volonté de paix. C’est l’enjeu. C’est le défi. Cela suppose des efforts nationaux accrus et conjugués. Qui y est prêt ? Tous ? Une avant-garde ?

Cette question devra être posée aux parlementaires des 25 Etats de la future union. Leurs réactions, leurs priorités, leurs refus détermineront le périmètre de ceux qui veulent avancer, agir ensemble.

Je souhaite que se rassemblent ainsi les Européens de l’avenir, qu’ils appartiennent à la vieille ou à la nouvelle Europe….

* * *

Ce moment de vérité est nécessaire pour que se reforge une volonté commune véritablement européenne d’agir ensemble. Agir « pour » ce n’est pas être « contre » les Etats-Unis. Arrêtons cette espèce de complexe paranoïaque. La sécurité collective du monde repose sur la force et la détermination de chacun . Et sur la création de pôles d’équilibre, une sorte de rassemblement d’avant garde, d’avant poste constitué par les Etats pionniers. Notons à cet égard l’obligation évidente de la coopération entre le Royaume-Uni, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Grèce. Tous ensemble. Forts de l’addition de nos volontés.
De ce point de vue la décision du Président Chirac et du Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, d’augmenter fortement le budget de la défense est une utile réparation des dégâts causés par l’imprécision et l’irresponsabilité de Lionel Jospin.

Il peut paraître loin le temps où le Président Kennedy le 4 Juillet 1962, lançait : « Les Etats-Unis regardent la grande entreprise européenne avec autant d’espoir que d’admiration ». L’objectif était clairement la lutte contre la menace communiste. L’impératif d’éradiquer le risque terroriste ne peut-il aujourd’hui créer des solidarités actives, avec comme emblème pour l’action la phrase d’Eisenhower : « L’Amérique ne peut à elle seule résoudre les problèmes du monde pas plus que l’Europe » ? C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la réalité du travail exemplaire de nos services secrets, qui mettent en commun leurs renseignements de manière beaucoup plus simple qu’on ne le pense parfois…

* * *

Le déséquilibre entre les Etats-Unis et le reste du monde sur le plan militaire se creuse de manière extrêmement dangereuse. Un tel écart de puissance, de capacité, de force crée par lui-même le risque d’un abus de pouvoir, d’un surcroît démesuré d’autorité politique.

Les chiffres publiés par l’OTAN sont éloquents : en dollars constants ( valeur 99 ), le budget américain est passé de 281, 2 milliards de dollars en 1997 à 284,5 milliards de dollars en 2001, tandis que l’Europe ( OTAN) décroissait de 154, 4 milliards de dollars en 1997 à 126 milliards de dollars en 2001. A l’intérieur de l’Europe, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Royaume-Uni: en 1997: 35,6 milliards de $ ; en 2001 : 32,6 milliards de $.
France: en 1997: 34 milliards de $ ; en 2001: 24,3 milliards de $.
Allemagne: en 1997: 28,4 milliards de $ ; en 2001: 20,2 milliards de $.

Ouvrons les yeux sur cet affaissement de nos efforts de défense. Il ouvre la voie clairement au monde américain unipolaire. La multipolarité et l’équilibre politique
et géostratégique que nous réclamons exigent tout d’abord de nous un réveil, un sursaut, une discipline budgétaire nationale de chaque Etat européen.

George W.BUSH veut relever de 14% le budget de la défense cette année. Il atteindra, non compris le coût de la guerre, 378 Milliards dollars. Il prévoit 450 Milliards de dollars en 2007. A cette date, l’Amérique dépensera plus que toutes les autres nations de la Terre réunies. Une disproportion des forces jamais vue dans l’histoire de l’humanité… Comme quoi, le Congrès américain ne se contente pas de l’appel au jeûne et à la prière pour défendre les intérêts et le rôle de son pays. C’est d’ailleurs tout à fait légitime.

* * *

Il y avait vraiment de l’électricité dans l’air lors de la rencontre à l’Assemblée nationale avec une délégation de haut rang en provenance de Prague. Nos amis tchèques ont le sang chaud, le réflexe immédiat, l’énervement perceptible dès lors que leur est rappelé que chacun des 25 Etats de la future Grande Europe doit délibérer et décider de l’élargissement. C’est pour eux un droit acquis, un fait naturel que personne n’a le pouvoir de remettre en cause !

Eh bien, c’est faux ! Le peuple directement ou par la voix de ses représentants parlementaires aura la parole, le dernier mot. En France, en Allemagne, au Royaume Uni comme en Pologne, en Hongrie, en Tchéquie. Dans chacun des 25 états de l’Union européenne élargie.

D’où la nécessité de créer un vrai élan, d’afficher une authentique sincérité européenne.

Ce n’est donc pas infamant de « leur » rappeler aux nouveaux entrants que la réunification est une fête, une promesse, un superbe objectif, mais qu’il faut convaincre au delà des élites qui voyagent celles et ceux qui souffrent dans leur vie quotidienne et craignent de ce fait avec un égoïsme parfois compréhensible la solidarité que la réussite de ce défi requiert.

Comment ne pas avertir et prévenir chacun que si le fossé qui s’est creusé au moment de la crise irakienne n’est pas rapidement comblé par une amitié retrouvée, les risques sont grands d’un rappel à l’ordre des citoyens.

D’où je crois la nécessité de cette conférence à 25 qui sera le premier signal de notre volonté commune retrouvée ! En appui du travail de nos gouvernements.

défense
 
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