DISCOURS de la Rue de Valois
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Documents de campagne


Renaud Donnedieu de Vabres

Ancien Ministre, Conseiller municipal de Tours

 

A la réunion du CRIF, le Premier Ministre ouvre le dossier « Religion et Politique »

26 janvier 2003
Enregistré dans : Société — RDDV @ 12:58 pm --- Imprimer ce Post

Comme chaque année, le dîner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France est un moment fort de la politique française, où se rencontrent pour de « chaudes » discussions responsables politiques, économiques, associatifs et religieux…

L’année dernière le fougueux, passionné et parfois même « tectonique » Président du Crif Roger Cukierman, avait parlé de la recrudescence de l’antisémitisme en évitant méticuleusement d’évoquer toutes les formes de racisme qui malheureusement refont surface dans notre pays… Pour taper juste et fort, la symétrie est pourtant nécessaire. Cette année, il a dénoncé avec vigueur l’antisémitisme de certains propos épinglés sans contestation d’ailleurs possible à l’extrême gauche, à l’extrême droite ou chez les Verts-anti-mondialisation, pour qui le Hamas palestinien est par exemple un interlocuteur privilégié.

Réaction immédiate de mon voisin de table, le nouveau patron des « Verts » : le départ pour marquer sa colère. N’était-ce pas plutôt l’expression de son malaise à être présent à cette réunion ?

Cette réunion annuelle est un moment légitimement électrique tant le couvercle qui étouffait encore récemment en France les propos à caractère raciste ou antisémite a sauté.

Pour être plus exact, il faut parler d’explosion. Un directeur de théâtre de la banlieue ouest de Paris, au nom de famille d’origine alsacienne, s’est ainsi fait traité sur le champ de « sale juif » parce qu’il exigeait d’un jeune spectateur très turbulent et agressif le respect du public et du théâtre…

La spontanéité de ce genre d’invective est malheureusement monnaie courante. Personne n’est épargné. Toutes les origines religieuses ou éthniques deviennent des apostrophes, des insultes, des expressions de révolte et de haine. Eglises, synagogues, mosquées, temples brûlent des flammes de cette sale spirale. L’expression « nique ta race » entrera bientôt dans le dictionnaire de la rue du XXIe siècle…

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Les enseignants sont de ce point de vue les premiers à « éprouver » cette triste réalité, parfois difficile à éradiquer et à subir. N’est-ce pas d’ailleurs la mission première de l’école, que de conduire, en l’occurrence d’éloigner le jeune de cette sauvagerie raciste, xénophobe, attentatoire aux principes français de respect de la personne humaine.

Nos professeurs doivent se sentir davantage soutenus. Les jeunes doivent, sur ces sujets, comprendre que c’est la « tolérance zéro » pour tout manquement.

Une injure raciste n’aura jamais d’alibi, d’excuse. La religion doit rester l’apanage de la liberté de conscience de l’individu. Au dessus des principes qu’elle dispense à ceux qui ont la foi, se situe de toute manière le respect des droits de l’homme, des principes fondamentaux du droit, des lois de la République, parmi lesquels figure par exemple l’égalité entre l’homme et la femme. A bon entendeur salut à ceux qui voudraient en France porter atteinte à la liberté de la femme, qu’il s’agisse du travail, du sexe, de la vie sociale et personnelle…

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Après avoir rappelé les « fondamentaux » de l’action extérieure et intérieure de son gouvernement sur toutes ces questions, Jean-Pierre Raffarin a traité des rapports entre la religion et la politique. C’est la première fois qu’un Premier Ministre affiche avec autant de force et de lucidité les nécessités d’un contenu maintenu mais renouvelé de la laïcité.

La France n’est pas la juxtaposition de communautés. La religion n’est pas une origine « nationale » mais une liberté individuelle.

Il n’y a pas dans notre pays de Français d’origine chrétienne, d’origine juive, d’origine musulmane. Et pourtant ce sont des mots ou des appellations qui sortent parfois de bouches éminentes… Il ne s’agit pas de dérapage sémantique excusable, mais d’atteinte lourde au fondement même de la République que nous voulons construire.

Faudra-t-il faire évoluer la partie de la loi de 1905 concernant le financement des cultes ? C’est une question légitime non encore publiquement posée, aujourd’hui politiquement incorrecte, mais qui deviendra vite d’actualité.

Comment en effet dans un même élan refuser toute interférence ou ingérence étrangère en la matière et ne pas se donner les moyens d’un financement public ou par le public ?

J’ai perçu l’étonnement quelque peu méprisant de l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius et de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d’Ile de France, tous les deux à la même table que moi, en entendant Jean-Pierre Raffarin traiter avec fougue, gravité et humanisme ces questions.

Décidément ils ne comprennent rien ou pas grand chose à la violence intellectuelle, humaine qui fait de vrais ravages dans notre pays, et contre le déferlement de laquelle il faut lutter avec la plus grande énergie.

Pourquoi sans augmentation de la pratique religieuse y a-t-il sur le plan national ou international cette irruption considérable du fait religieux ? A quel besoin d’identité spirituelle, de dépassement du matérialisme et de la normalisation correspond-elle ? Ce sont des questions majeures qu’il faut traiter.

Oui, le thème des rapports entre la religion et la politique est au cœur de notre actualité nationale et internationale. Parfois même au centre des conflits, des affrontements, des guerres, du terrorisme.

Le nier c’est se préparer à de cruelles défaites et à l’abandon de beaucoup de nos valeurs républicaines, laïques qui concourent au rayonnement de notre civilisation et de notre culture et qui sont l’honneur de notre pays.

 
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L’émouvant message de l’Abbé Pierre : « c’est à vous d’être formidables, moi, j’ai fini… »

4 janvier 2003
Enregistré dans : Social — RDDV @ 2:06 am --- Imprimer ce Post

Une fois de plus, dans le palmarès publié par le Journal du Dimanche, les Français font de l’Abbé Pierre leur n° 1.

Cela fait chaud au cœur de constater qu’un tel rayonnement humain et spirituel fait l’unanimité. C’est magnifique ! Même s’il peut apparaître un peu sacrilège de faire une sorte de box-office des talents et des mérites, car ne sont concernées que les personnalités en vue…

C’est pourtant vraiment mérité d’épingler ainsi autant d’intelligence, de bonté, parfois même de malice. Il y a dans le regard de l’Abbé Pierre un rayon de soleil qui vous transperce et vous incite à être meilleur ! C’est une forme de vraie grâce qui émane de lui, ce que mon père appelait dans son livre « Vent d’Espoir sur la Démocratie » le charme d’être.

Ce qui est le plus émouvant, c’est le passage de relais auquel l’Abbé Pierre nous convie : « c’est à vous d’être formidables, moi, j’ai fini… ».

Si nous devons accepter cette exhortation à se dépasser, exprimons-lui surtout notre souhait de longue vie. Il est loin d’être un astre mort tant la lumière qui reflète son âme est forte et puissante.

Pour le « reste », c’est à dire pour ce qui nous concerne…, je pense effectivement que dans nos sociétés nous devrions savoir davantage allier solidarité publique et générosité individuelle.

Aucun système social ne sera suffisamment performant pour nous éviter de porter une part de responsabilité personnelle dans le bien-être collectif.

Si chacun s’occupait un peu plus de son « voisin » à tous les sens du terme, les situations de détresse humaine ne disparaîtraient pas, mais elles seraient moins criantes. Ce n’est pas être « ultra-libéral » que de le penser !

Beaucoup consacrent dans la discrétion la plus totale leur vie, leur temps libre, leur argent à cette forme concrète de la solidarité.

C’est à eux également que cette première place dans le palmarès du mérite revient !

Social
 
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Pour nous protéger des « voyous des mers », plus d’Europe est nécessaire.

2 janvier 2003
Enregistré dans : Sécurité, International — RDDV @ 1:51 am --- Imprimer ce Post

Le réflexe européen de Jacques Chirac face au scandale de la pollution des côtes françaises est la réponse appropriée.

Chacun voit bien en effet que les vents dominants abolissent les frontières et propagent les catastrophes maritimes.

La solidarité face à cette monstrueuse épreuve implique que chaque Etat de l’Union européenne adopte les mêmes dispositions de protection des accès aux ports et de restriction de la navigation aux larges des côtes. Dans ce genre de circonstances, Bruxelles, la Commission européenne deviennent aux yeux de l’opinion publique synonymes de garantie d’efficacité, de lieu d’autorité, d’instance légitime pour exiger de nouvelles normes.

L’Europe redevient populaire lorsqu’elle est efficace. Et qu’elle prend en temps opportun les décisions qui s’imposent.

C’est la raison pour laquelle le Président de la Commission européenne Romano Prodi doit accélérer ses propositions « afin d’imposer plus d’honnêteté et de transparence dans un système maritime qui laisse en activité de véritables voyous des mers, qu’il faut empêcher de nuire », ainsi que le souhaite le Président Chirac.

Torrey Canyon (1967), Amoco Cadiz (1978), Tanio (1980), Erika (1999), Prestige (2002), autant de noms maudits qui rythment tragiquement l’actualité sur nos côtes ouest et sud ouest.

Alors, à quand l’interdiction des ports européens des vieux pétroliers à simple coque transportant du fioul lourd, comme le recommande la Commission ?

A quand la création coordonnée de véritables garde-côtes battant pavillon européen pour traquer les nouveaux pirates des mers que sont les armateurs, les affréteurs, les assureurs de ce genre de bateaux maléfiques ?

La Grèce qui préside l’Union européenne doit prendre la mesure de l’exigence légitime des citoyens non seulement d’Europe de l’ouest mais de tous les Etats ayant une façade maritime à protéger.

Le Ministre grec de la marine marchande ne peut différer pour de mauvaises raisons la réclamation de la Commission européenne visant à ce que tous les pétroliers à simple coque soient progressivement interdits entre 2005 et 2010 (en fonction de leur catégorie), et à ce que tous les pétroliers à simple coque de plus de 23 ans soient immédiatement interdits des ports européens.

Le fait que 90 % du commerce extérieur et 40 % du marché intérieur de l’Union européenne se fassent par voie de mer ne saurait en effet être un alibi acceptable.

Au parti socialiste français, qui a regretté sans aucune retenue ni dignité, par la voie de son secrétaire national chargé de l’environnement, le manque d’audace du projet de loi sur les risques technologiques et naturels présenté au Conseil des Ministres d’aujourd’hui, je demanderai un acte de double repentance concernant d’une part les agissements de Madame Voynet de triste mémoire, d’autre part les non-décisions du gouvernement Jospin sur la sécurité maritime… Et je leur demande de bien vouloir « préciser » leur position sur l’énergie d’origine nucléaire qui elle ne présente pas de risque de pollution… Mais cela supposerait d’abord de sacrifier sur l’autel de la vraie protection de l’environnement le théorème politique sur lequel est bâtie la gauche plurielle…

Je souhaite que 2003 soit l’année de la mobilisation de toutes les énergies politiques pour que l’Europe parvienne à éliminer de son horizon maritime ces nouvelles mines destructrices que sont les galets d’hydrocarbures qui une nouvelle fois vont souiller nos côtes.

Environnement
 
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