Archives de 2014

Puisse justice m’être enfin rendue ……..

13 juin 2014

J’attends du procès qui va s’ouvrir , 20 ans après que j’ai exercé la fonction républicaine de Chargé de mission au cabinet du Ministre de la Défense , le rétablissement de la vérité .
Innombrables ont été les diffamations très médiatisées, les accusations sans preuves , les allégations mensongères , les atteintes à mon honneur .
20 ans après , l’histoire semble falsifiée , au gré des arrière-pensées , des lâchetés et des vindictes .
Quelques mots-clés qui sonnent comme des slogans venimeux éternellement répétés ne sont pour autant pas la vérité .
La tragédie de l’attentat de Karachi , qui m’a contraint par respect de la douleur des familles à ne jamais répondre publiquement aux fausses accusations , ne saurait légitimer la falsification de l’histoire . La vérité est un respect . Une obligation morale . Qui devrait s’imposer à chacun , surtout dans ces circonstances particulièrement dures .
Comme haut-fonctionnaire de l’Etat , membre d’une équipe brillante , toujours éprise du respect du droit et passionnée par le service de l’intérêt national , j’ai contribué , sous l’autorité d’un Ministre d’Etat particulièrement soucieux de l’éthique de sa fonction , à la réussite de grands contrats essentiels à la survie de l’emploi dans l’industrie de l’armement . Sans jamais enfreindre la loi . Sans jamais outrepasser les limites fixées par le droit . Avec , dans cette équipe prestigieuse , une vraie mobilisation de tous soudés par les défis à relever , que la « cohabitation « d’alors n’a pas altérée …
Je suis fier d’avoir , à mon niveau , fait mon devoir : l’action est un honneur , bien préférable quoiqu’il puisse en coûter au renoncement .
A l’époque c’était légitimement une grande réussite très partagée , et légitimement revendiquée comme telle , car due à un travail d’une ampleur exceptionnelle .
Je suis aujourd’hui profondément meurtri par la brutalité de l’injustice extrême qui m’est personnellement faite , et par la lâcheté des faibles et des amnésiques , dont le silence est une complicité avec la meute avide . Sans compter que certains des principaux protagonistes sont malheureusement décédés . et manquent cruellement au rappel des réalités de l’époque .

Même si comparaison n’est pas raison , mais afin de faire comprendre concrètement la vérité des faits , leur force et leur simplicité , transposons l’histoire des négociations des contrats avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite entre 1993 et 1995 avec la discussion en cours concernant la vente du Rafale à l’Inde .
Relevons tout d’abord que rien n’était enclenché concernant l’Arabie Saoudite , pays avec lequel aucun grand contrat n’avait été signé depuis de très nombreuses années . Pour le Pakistan , malgré l’ouverture de la discussion , la concurrence étrangère restait féroce .
Revenons à l’actualité présente : il y a plus de 2 ans que notre pays est « entré » avec le Gouvernement indien en négociations exclusives et que rien n’est signé ni a fortiori entré en vigueur .Les annonces fracassantes et souvent prématurées n’ont pas la force des signatures effectives et des entrées en vigueur concrètes …..
Imaginons qu’une personnalité se présente au Ministère de la Défense et explique , preuves à l’appui , qu’elle a des contacts utiles et opérationnels avec les autorités indiennes . Elle est naturellement reçue et écoutée . Au terme de vérifications méticuleuses sur ses dires par les Services spécialisés du Gouvernement , elle est aiguillée vers les entreprises concernées et les organismes chargés de négocier très officiellement les contrats . De très nombreux rendez-vous , en France et à l étranger , à tous les niveaux de l’Etat sont organisés . Des entretiens directs avec les personnalités du pays en question sont mêmes diligentés et facilités de façon concrète , vérifiable et vérifiée . Avec des signes précis des plus hautes autorités du pays concerné . Au terme de ce travail rassemblant des dizaines de personnes dans l’ensemble des entreprises et des administrations concernées jusqu’au sommet de l’Etat , le contrat est signé puis rentre en vigueur , ce qui constitue la seule phase décisive et tangible réelle .
20 ans après , faudra-t-il dire que le contrat était « quasiment signé « au moment de la négociation exclusive – ce qui ne veut strictement rien dire comme on le constate malheureusement aujourd’hui -, alors que rien n’était définitivement acquis lorsque la personnalité est entrée en contact avec le Ministère de la Défense ?
20 ans après , faudra-t-il dire que la personnalité a été « imposée « alors qu’il ne s’agissait que de la mettre en situation de transmettre les informations utiles et toujours vérifiées par les négociateurs juridiquement compétents ?
20 ans après , lorsque bon nombre des acteurs seront malheureusement disparus , faudra-t-il à nouveau falsifier la vérité pour les besoins de la politique ?

Puisse la Justice dans sa sérénité , son indépendance , son autorité souveraine et sa force passer .
J’attends cela avec foi et impatience .
Même si je n’obtiendrai jamais vraiment réparation du préjudice immense que j’ai subi , qui est une sorte de tva de la notoriété .

Photos année 2014

9 avril 2014

Mais je ne suis plus ministre !…….

11 février 2014

Les provocations sont parfois fécondes !
Lorsque Xu Bo , l’un des organisateurs du rayonnement de l’exposition universelle de Shangai , est venu me parler de l’anniversaire des 50 ans de l’établissement de la relation diplomatique entre la Chine et la France voulu par le Général de Gaulle et le Président Mao Tsé-Toung , en regrettant que nous ne saisissions pas l’occasion pour écrire spectaculairement une nouvelle page à Paris signifiant aux Chinois notre amitié pro-active ,  j’ai eu d’emblée la mauvaise réaction !

La posture du refuznik qui récuse tout défi nouveau , empruntant le chemin douillet de l’esprit de sieste au lieu d’accueillir avec élan l’occasion qui se présente pour en faire une chance .

Bref, j’ai un peu honte , moi qui me prétend le chantre de la transmission d’énergie et de l’opérationnel créatif , d’avoir commencé par répliquer  » certes , mais pourquoi me dire cela à moi , car je ne suis plus ministre ……… »

La réponse ne se fit pas attendre :  » je vous ai connu plus réactif ………. »

Piqué au vif , touché au coeur , atteint en plein orgueil sans doute encore assez fort , j’ai plongé ! Nuit de Chine au Grand Palais allait naître et finalement devenir la cérémonie d’ouverture officielle à Paris de l’anniversaire du geste historique et pionnier du Général de Gaulle .

C’est un joli retour de légende de constater que ce géant a une nouvelle fois réussi à réveiller les esprits endormis , à galvaniser les routiniers stériles et à faire d’une commémoration une chance pour l’avenir , puisque les invités d’honneur en ont été près de 1500 étudiants chinois des grandes écoles et des universités françaises , qui se diront , espérons-le , dans 5 ou 10 ans de retour en Chine : j’y étais !

Bernadette Chirac a été d’un bon présage , puisqu’en lui communicant mon stress début janvier face à l’ampleur du défi , elle m’a affectueusement confié :  » Soyez sans inquiétude ,le Grand Palais vous a toujours porté bonheur ! »

Il est vrai que l’équipe artistique et technique constituée pour Nuit de Chine rassemblait une multitude de talents parfaitement accoutumés et aguerris à un lieu aussi draconien dans sa force envoûtante et à une cause à servir aussi complexe et lourde . Sans eux cette soirée n’aurait pas eu le retentissement que nous avons été heureux de constater – 12000 personnes sont venues -et qui a été rendu possible – rappelons le avec gratitude – par la belle addition des concours des mécènes qui ont répondu avec conviction et générosité à nos nombreuses et encombrantes  sollicitations , et qui ont de surcroît permis la gratuité pour les parisiens de la deuxième partie de soirée .

Mais l’essentiel pour expliquer la réussite est que nous avions au dessus de nous , comme 2 aiguillons symboliques : la magie de la fierté française nous faisant nous souvenir avec un brin de nostalgie que nous avons eu et gardons vocation à être  » premiers « ,  l’immensité chinoise qui fascine , bouscule et intrigue chacun .

Lorsque le Président de la République lors de la répétition générale  le dimanche soir a vu les gigantesques rideaux rouges et blancs tomber de la voûte d’acier vert pour jalonner majestueusement la chevauchée fantastique créée par Bartabas , j’ai ressenti que le pari allait être gagné , car nous avons tous été époustouflés par une telle perfection esthétique . J’avoue avoir ressenti une très forte émotion , à la mesure des risques pris , des complexités redoutables d’une telle opération et des beautés de la vie , qui parfois fait alterner sentiment violent d’injustice et résonance heureuse .

S’il m’est arrivé de douter que nous réussirions à vaincre tous les obstacles qui ont jalonné notre parcours du combattant , force est de constater que nous  avons tous été portés par la certitude féconde que le 27 janvier 2014 la vocation du Grand Palais était de faire rayonner grâce à sa magistrale splendeur l’amitié franco-chinoise à Paris comme dans l’ensemble de la Chine .

Véritable Monumenta de l’image , de la lumière et du son , mis en scène par Patrick Bouchain , Thierry Dreyfus et Chen Weiya , avec Pierre Giner pour la création d’une image vidéo originale , cette Nuit de Chine au Grand Palais  est un appel ! Innombrables sont les lieux , les moments , les concepts qui peuvent faire l’objet d’une valorisation exigeante , effervescente et rayonnante . Créatrice de valeurs , de sens , d’attractivité , d’emplois .

Vouloir rester premiers pour nous Français , c’est avoir cette fièvre et cette passion , qui sont les vrais remèdes au défaitisme , au déclinisme et à la crise .