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181 personnalités du monde de la création écrivent à VGE

Posted By admin2011 On 15 septembre 2011 @ 14:28 In Blog | 1 Comment

Découvrez le projet de la « Royale » pour l’ « Hôtel de la Marine » sur www.la-royale.fr

Hôtel de la Marine : Osons la rupture. Osons la culture.

Lettre ouverte au Président Giscard d’Estaing

A l’heure où la commission présidée par Valéry Giscard d’Estaing s’apprête à remettre au
Président de la République ses recommandations quant au devenir de l’Hôtel de la Marine, sa
stature d’ancien chef de l’Etat lui impose d’être à la hauteur de l’enjeu. L’avenir de ce
monument de l’histoire de France dépasse en effet la seule place de la Concorde, il portera une
vision de l’avenir de la création en France.

Le débat qui a vu le jour ne portait pas sur le diagnostic : l’État-major de la Marine va en effet
quitter la place de la Concorde pour rejoindre le « Pentagone à la française » à Balard ; à
l’exception des salons d’apparat, l’édifice est à l’abandon quand il n’est pas défiguré dans ses
parties non visibles ; il faut trouver une solution innovante qui concilie un immense effort de
restauration et le maintien de la propriété de l’Etat ; enfin la « libération » de ce lieu magique
est une occasion unique de donner à Paris et à la France un atout de plus dans son
rayonnement international.

Passé ces points de consensus, et comme dans les moments les plus passionnés de notre
histoire culturelle, deux visions de l’avenir s’affrontent.

Pour les tenants « de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas », l’Hôtel de la Marine ne
saurait devenir autre chose que le siège d’une administration prestigieuse ou la nouvelle
dépendance d’un musée renommé. Alors que l’on doit se battre pour réduire les déficits, la
dépense de plus d’un milliard d’euros en 10 ans pour affecter 20.000 mètres carrés de petits
bureaux à la Cour des Comptes et à d’autres administrations, tout en confiant au Louvre les

1.500 mètres carrés du 1er étage ne saurait occulter qu’il s’agit d’une découpe, rompant l’unité
et l’histoire de ce lieu prestigieux, classé dans son intégralité.
Tout est dit dans ce choix : face à un monde qui change à une vitesse accélérée, il faut que
rien ne change au pays du siècle de Louis XIV et de l’aristocratie d’Etat.
Ces dignes héritiers des bien-pensants du XVIIIe siècle ne sont pourtant pas à une
contradiction près. Car ce sont les mêmes qui, s’agissant du bâtiment symétrique de l’Hôtel de
la Marine sur la place de la Concorde, considèrent que le Crillon est un fleuron de notre
industrie hôtelière ou se précipitent dans le bâtiment adjacent à la piscine de l’Automobile
Club, avant d’assister entre gens du même monde au fameux dîner du club Le Siècle, où il est
de bon ton, estomac posé sur les genoux et certitudes bien ancrées dans les têtes, de dénoncer
les risques d’un « barnum commercial » de l’autre côté de la rue Royale.

Il est plus que temps de refuser la fatalité du déclin, qui nous ferait accepter de devenir un
pays musée, un pays en dehors des bouleversements du monde, un pays qui abandonne aux
autres le leadership culturel, au moment même où celui-ci devient un des moteurs de la
croissance mondiale. Bref, un pays vieilli, usé, fatigué…

Même si le projet de La Royale, proposé par Alexandre Allard et Renaud Donnedieu de
Vabres, peut soulever quelques questions, il a l’immense mérite, par le débat qu’il a suscité,
de démasquer la suffisance de conservatismes acharnés et de montrer qu’il existe des voies
audacieuses pour refaire de Paris la capitale mondiale de la création.

Car ne nous berçons pas d’illusions, avec 5% du marché mondial de l’art, Paris n’est plus une
place qui compte face au dynamisme chinois ou anglo-saxon. Bien sûr, nous pouvons être
fiers du rôle de l’Etat dans notre système culturel. Il permet de faire vivre l’exception
française mais il ne doit pas la couler dans un modèle rigide qui ne peut qu’étouffer, à coup de
subventions ciblées, l’esprit de création et faire triompher son pire ennemi : le conformisme.

Le projet de La Royale, par son caractère foisonnant, différent, parfois transgressif s’inscrit en
réalité dans la tradition du lieu et de cet esprit insoumis qui a fait notre puissance culturelle. A
l’origine, l’Hôtel de la Marine était le Garde-meuble de la Couronne et la vitrine du savoir-
faire français.
Le premier objectif de ce projet est de renouer avec cette vocation originelle en donnant à nos
artisans d’art l’écrin qui leur manque pour s’imposer sur le marché mondial par des créations
d’exception. L’ambition n’est pas qu’ils suscitent une belle nostalgie, mais que leurs activités
emblématiques soient soutenues par des commandes effectives de tous ceux qui habiteront ce
coeur vivant de Paris et n’y seront pas de simples visiteurs furtifs.

En rassemblant aussi dans un même lieu peintres, plasticiens, cinéastes, musiciens, stylistes,
grands chefs, mécènes, galeristes, amateurs d’art et découvreurs de talents venus du monde
entier, le projet organise les conditions de ces rencontres improbables, de ces croisements
féconds, qui sont autant de chocs, bien souvent à l’origine de la création.
La Royale rompt enfin avec l’illusion que création et financement seraient, par essence,
étrangers l’un à l’autre. L’affirmer dans un pays comme le nôtre est peut être maladroit, mais
c’est le prix du refus de l’hypocrisie.

L’Hôtel de la Marine accueillera des jeunes artistes en devenir qui pourront vivre dans cette
Villa Médicis du XXIe siècle. Certains mécènes pourront également y résider, finançant ainsi
l’accueil de ces artistes, ainsi que la promotion des métiers d’art. Ce mélange de valorisation
de notre tradition française et d’audace créatrice nous permettra de retrouver notre capacité à
étonner le monde. L’amateur d’art américain, revenu de tout, comme le Chinois qui s’éveille à
l’art contemporain, auront les yeux rivés vers Paris… à nouveau lieu unique de tradition et
d’avant-garde.
Lieu de vie ouvert et effervescent, pépinière d’évènements culturels prestigieux, bourse de
projets artistiques où nouveaux talents et mécènes exigeants discuteront et décideront
ensemble de belles aventures, tel est le défi qu’il faut savoir relever pour être au niveau du
prestige français ! Vivre, séjourner, travailler, échanger, rencontrer, autant de chances qui
s’offriront concrètement et créeront activités et richesses à une échelle bien différente d’une
aile de musée…

En nous exprimant aujourd’hui avec fierté et passion, nous entendons défendre l’avenir d’un
monument magnifique. Mais nous lançons aussi un appel à l’audace, à la foi en notre avenir
dans un monde où toutes les certitudes, toutes les hiérarchies sont bouleversées.

La marque « France » est le pilier de toute notre industrie. Ses racines se nourrissent du terroir
fertile où les créateurs du monde entier se donnent rendez-vous depuis des siècles pour
engendrer la magie que tous les autres pays nous envient.

Soyons fidèle à notre histoire : osons l’innovation !

Signataires (181)

Isabelle Adjani, actrice
Agnes B, créatrice de mode
Georges Alloro, maître d’art, facteur d’instruments nouveaux
Serge Amoruso, maître d’art, maroquinier designer
André, artiste
Yann Arthus-Bertrand, photographe
France Aubert, peintre
Jean-Louis Aubert, chanteur
Ayo, chanteuse
Laurent Baffie, humoriste
Marc Barani, architecte
Samantha Barroero, directrice artistique de la Brownstone Foundation
Marie-Claude Beaud, directeur du Nouveau Musée National de Monaco
Yves Benoît, maître d’art, gaufreur, imprimeur et façonneur de velours
Carole Benzaken, artiste
Amel Bent, chanteuse
Pierre Bergé, président de fondation et collectionneur
Charles Berling, acteur et metteur en scène
Alexandre de Bétak, producteur et directeur artistique
Chris Blackwell, producteur de musique
Renato Boaretto, maître d’art, créateur d’automates
Myriam Boisaubert, poétesse
Pierre Bonnefille, maître d’art, créateur de couleurs et matières
Christian Bonnet, maître d’art, écailliste
Fanny Boucher, héliograveur
Carole Bouquet, actrice
Louise Bourgoin, comédienne
Emmanuel de Brantes, galeriste
Pascal Bruckner, écrivain, essayiste
Eric Brunet, journaliste et essayiste
Daniel Buren, artiste
Alain Buyse, maître d’art, sérigraphe
Lison de Caunes, maître d’art, marqueteur de paille
Pierre Charial, maître d’art, noteur
Hervé Chayette, président du Syndicat national des maisons de vente (SYMEV)
Eric Colmet-Daage, directeur de la rédaction du magazine Photo
Agnès Comar, architecte
Elie Chouraqui, réalisateur
Pierre Cornette de Saint Cyr, commissaire-priseur
Anne-Lise Courchay, relieur parcheminier
Jean-Pascal Curnier, poète, écrivain
Enrico Dagnino, grand reporter
Etienne Daho, chanteur
Dani, chanteuse
Roland Daraspe, maître d’art, orfèvre
Josée Dayan, réalisatrice

Nathalie Delon, actrice et metteur en scène
Julie Depardieu, actrice
Sylvie Deschamps, maître d’art, brodeuse main
Gérard Desquand, maitre d’art, graveur héraldiste, Président de l’Association des Grands
Ateliers de
France
Christian Thierry Drevelle, ébéniste designer
Thierry Dreyfus, scénographe de la lumière et photographe
Stephane Eicher, chanteur et compositeur
Alber Elbaz, créateur de mode
Isabelle Emmerique, maître d’art, laqueur
Simon-Pierre Etienne, Ébéniste, restaurateur en meubles et objets d’art
Jan Fabre, artiste
Marianne Faithfull, chanteuse
Jean Feldman, artiste
François Fontès, architecte
Jean-François Fourtou, artiste
Nereo Friso, styliste
Pierre Gagnaire, chef cuisinier
Olivier Gagnère, designer
Gérard Garouste, artiste
Manuelle Gautrand, architecte
Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile
Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Inspecteur général pour la photographie
Jacques Grange, décorateur
Mylène Guermont, artiste, ingénieur
Daniel et Florence Guerlain, présidents de fondation
Stéphane Guilbaud, maître d’art, lithographe
Marcelle Guillet, parurier floral, Présidente de l’Association des Ateliers des Maîtres d’Art et
de leurs Elèves
Armand Hadida, directeur artistique de L’éclaireur
Johnny Hallyday, chanteur
Pierre Hermé, pâtissier
Michel Heurtault, créateur et restaurateur de parapluies et ombrelles
Françoise Hoffmann, maître d’art, artiste feutrière textile
Anne Hoguet, maître d’art, éventailliste
Dominique Issermann, photographe
Ora Ito, designer
Jean-Michel Jarre, musicien, compositeur
Marcello Joulia, architecte
Rabih Kayrouz, couturier
Takada Kenzo, couturier
Yann Kersalé, plasticien
Olivier de Kersauson, navigateur
Michel Klein, créateur de mode
Aki Kuroda, artiste
Loulou de La Falaise, créatrice de mode
Inès de La Fressange, créatrice styliste et journaliste de mode
Christian Lacroix, créateur de mode
Christophe Lambert, acteur

Joël Laplane, maître d’art, luthier en guitares
Marc Lavoine, chanteur
Sarah Lavoine, architecte d’intérieur
Samuel Le Bihan, acteur
Gwénola Le Masson, restauratrice de mobilier et objets peints
Seulgi Lee, artiste
François Lesage, brodeur
Christian Liaigre, décorateur
Fanny Liautard, créateur couturier
Florence Maeght, collectionneuse
Yoyo Maeght, directrice des éditions Maeght
Marie Maillard, artiste
Sophie Marceau, actrice
Nicolas Marischael, orfèvre
Guillaume Martel et Manuela Paul-Cavallier, encadreurs contemporains, créateurs de matières
d’or
Raphaël Mezrahi, humoriste et acteur
Wladimir Mitrofanoff, président honoraire de l’Académie d’architecture
Philippe Monnet, navigateur
Chloe Mons, chanteuse et actrice
Marie-Ange Moulonguet, directrice de l’Espace culturel Louis Vuitton
Sandra Mulliez, collectionneuse
Vik Muniz, artiste
Youssef Nabil, artiste
Enrico Navarra, galeriste
Catherine Nicolas, laqueur
Yannick Noah, chanteur
Jean Nouvel, architecte, Grand Prix national de l’architecture, Prix Pritzker
Nathalie Obadia, galeriste
Christine Orban, écrivain
Jean-Michel Othoniel, artiste
Rick Owens, créateur de mode
Florent Pagny, chanteur
Claude Parent, architecte, Grand Prix national de l’architecture
Anne Parillaud, actrice
Philippe Pasqua, artiste
Philippe Perrin, artiste
Dominique Perrault, architecte, Grand Prix national de l’architecture
Emmanuel Perrotin, galeriste
Michel Petit, maître d’art, maître verrier
Benoit Poelvoorde, acteur
Ghislaine Portalis, artiste
Hervé Poulain, commissaire-priseur
Arne Quinze, artiste
Raphael, chanteur
Philippe Rault, maître d’art, facteur de cuivres et percussions
Jean-Pierre Raynaud, artiste
Pierre Reverdy, maître d’art, coutelier d’art
Rudy Ricciotti, architecte, Grand Prix national de l’architecture
Muriel Robin, humoriste

Patrick Robin, maître d’art, luthier
David Rochline, chanteur, comédien
Thaddaeus Ropac, galeriste
Nicolas Salagnac, graveur médailleur
Frédéric Salat-Baroux, avocat
Anne-Marie Sargueil, présidente de l’Institut français du design
Christiane Schmückle-Mollard, architecte en chef des monuments historiques
Antoine Schneck, photographe
Jacques Seguéla, publicitaire
Patrick Seguin, galeriste
Jean-Luc Seigneur, graveur de gaufrages
Alain Senderens, chef cuisinier
Francis Soler, architecte, Grand Prix national de l’architecture
Jean-Christophe Spinosi, chef d’orchestre
Philippe Starck, designer
Amanda Sthers, auteur de chanson
Paul-Loup Sulitzer, écrivain
Said Taghmaoui, acteur
Daniel Templon, galeriste
Mélanie Thierry, actrice
Barthélémy Toguo, artiste
Gerard Traquandi, peintre
Ed Tuttle, designer
Giambattista Valli, styliste
Dries Van Noten, couturier
Marc Van Peteghem, architecte naval
Joanna Vasconcelos, artiste
Xavier Veilhan, sculpteur
Bernar Venet, artiste
Fabien Verschaere, artiste
Vuk Vidor, artiste
Jacques Vieille, sculpteur
Jacky Vignon, créateur de coffrets
Jean-Baptiste Viot, horloger
Reinhard von Nagel, maître d’art – facteur de clavecins, ancien président de l’association des
Grands ateliers de France
Gad Weil, créateur d’art de rue
Olivier Widmaier-Picasso, collectionneur
Patrick Zelnik, producteur
Elsa Zylberstein, actrice


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