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Raymond Barre avait une intelligence de visionnaire et l’art politique de la provocation

Raymond Barre avait avant tout le goût de la liberté. Elle était l’armature même de sa vie : exigence économique, remède contre l’idéologie, viatique pour défendre son indépendance, arme tactique lui permettant de dénoncer les systèmes, les « puissants », les petits arrangements du « microcosme » politique, éthique personnelle d’un grand Homme d’Etat passionné par son pays, par le projet européen, par la mondialisation anticipée comme une réalité incontournable et redoutable.

Ses dons étaient multiples, sa curiosité intellectuelle insatiable, son appétit de vie légendaire.

Pour tout homme politique, Raymond Barre est un modèle dans l’art de défendre passionnément ses convictions, avec un sens de la formule qu’il portait comme un plaisir, même au risque de choquer.

Il restera dans nos curs et nos mémoires comme un grand témoin de l’histoire du XXe siècle, éclaireur, humaniste et réformateur.

Puisse-t-il sourire des hommages qui lui seront rendus venant de ceux qui l’ont parfois insuffisamment reconnu et apparemment combattu.

J’ai été fier de « cohabiter » avec lui dans le même groupe de l’Assemblée Nationale, car c’était un grand privilège que de bénéficier de sa lumière, de son ironie et de sa libre pensée.

Le respecter à l’heure de sa mort, c’est surtout ne pas l’enfermer au sein d’une famille politique, d’un système de pensée.

C’est cultiver comme un exemple sa capacité personnelle à aimer son pays, quitte à sacrifier sa popularité conjoncturelle. L’intérêt général, la vérité économique, la fierté nationale ont primé dans sa vie sur toutes les médiocrités de la « classe politique » qu’il aimait stigmatiser.

Le vrai tombeau des morts, c’est le cur des vivants…

2 Réponses à “Raymond Barre avait une intelligence de visionnaire et l’art politique de la provocation”

  1. Candide a écrit:

    Monsieur le Ministre,

    Je viens d’entendre sur France Info un reportage concernant Raymond Barre.

    Interrogée par un journaliste, une Lyonnaise affirme que « quand Raymond Barre est venu s’installer à Lyon, les Lyonnais étaient flattés parce que c’était un ancien ministre, une personnalité importante ». Le journaliste ajoute que « ses proches ont supplié Raymond Barre de se présenter aux municipales. Elu, il a transformé Lyon en ville d’envergure internationale ».

    Il y aurait d’autres villes dont les habitants ont besoin de l’aide « d’un ancien ministre, d’une personnalité importante ». Il y aurait d’autres villes qui manquent cruellement d’envergure internationale…

    Les Lyonnais ont su saisir une occasion historique ! Et ailleurs en France… ?

  2. Jean Justice a écrit:

    Raymond Barre n’a jamais pointé son nez dans les sales affaires du gaullisme, et de la droite, et c’est bien dommage. Pour lui, Maurice Papon, fut un excellent ministre du budget. Le reste ? Connait pas ! L’assasinat de Robert Boulin, retrouvé flottant, dans une mare aux canards ? Pas au courant ! Poniatowski,, le sabreur du Giscardisme ? Pas au courant. L’affaire de Broglie ? Pas au courant ! Les diamants de Bokassa ? De l’affabulation voyons !Les chaires professorales ont ceci de rassurant qu’elles vous permettent de poser quelques critiques sommaires, bien a l’abri, dans une bibliothéque. En l’occurence, cet art de la provocation que vous décrivez si bien aura le plus souvent flirté comme toujours avec les centristes avec l’immobilisme bon teint…Mais je pense que vous aussi vous y connaissez en matiére d’immobilisme et de chasses aux sorciéres. (cf Pierre Rosenberg) On vous a vu en effet a l’oeuvre, et vous resterez sans doute et pour trés longtemps, le plus mauvais ministre jamais entrevu Rue de Valois. Une raison parmi tant d’autres qui expliquera pourquoi les tourangeaux ne veulent absolument pas de vous…
    Rentrez chez vous, dans le 16éme a Paris, vous y serez mieux !

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