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La spirale de la violence en Israël et en Palestine devrait enfin mobiliser la Communauté internationale

L’assassinat du chef spirituel du Hamas, le Cheikh Ahmad Yassine, par les représailles qu’il génère, est une étape de plus vers l’abîme. Une étincelle de plus dans une poudrière déjà particulièrement explosive.

Combien faudra-t-il de massacres, de victimes innocentes – ce qui n’est évidemment pas le cas du Cheikh Yassine – du terrorisme et de la barbarie, d’attentats et de bombes humaines, de dégâts collatéraux aux États-Unis et en Europe pour que l’opinion publique mondiale se mobilise enfin, pour qu’elle exige une action forte et incontournable de la communauté internationale, ou tout au moins de certains Etats.

Nous laissons faire.

Rester les yeux fermés et les bras croisés est une forme moderne de la lâcheté et de la collaboration de sinistre mémoire. Il faut interrompre par l’interposition ce face à face meurtrier, qui concoure, soyons lucides, à terme à la lutte armée plus ou moins directe contre l’ensemble des démocraties occidentales impuissantes. Impuissantes, par action ou par omission, comme il est écrit dans les Ecritures Saintes pour décrire la typologie des péchés…

Le terrorisme islamiste ne saurait s’analyser comme le bras armé et sanguinaire de la seule cause palestinienne. La lucidité impose de considérer qu’il survivra tragiquement et monstrueusement à la création d’un État palestinien viable.

Mais l’impasse actuelle entre le Gouvernement d’Israël et l’Autorité palestinienne, avec l’accélération et l’aggravation des tensions et des crimes commis, crée les conditions d’une résonance, d’une contagion et même d’un embrasement généralisé.

Le fanatisme et l’intégrisme disposent d’une sorte d’impunité lorsqu’ils essayent de se situer dans le cadre de ce qui est pour eux une légitime défense. C’est monstrueux. Et c’est pour nous suicidaire de laisser-faire.

Nous sommes en train, sous nos yeux, de laisser s’enrôler dans l’engrenage des comportements et des solidarités terroristes – actives ou passives – des centaines de milliers de soldats d’un nouveau type. Des civils prêts à faire de leur vie autant d’armes nucléaires tactiques. Résolus à frapper partout où ce sera nécessaire et démonstratif.

Exiger un engagement beaucoup plus fort de la communauté internationale, une attitude plus interventionniste des États-Unis malgré la campagne électorale, une expression moins complexée de l’Europe – pour une fois à l’unisson sur cette question – s’apparente autant à de l’auto-protection qu’à la volonté de faire progresser la sécurité, la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes partout sur la planète. En l’occurrence, sur la rive sud de la Méditerranée, c’est-à-dire près de nous…  » Mare nostrum »!

La phase actuelle des
événements d’Irak renforce cette nécessité, ne serait-ce que pour éviter le sentiment et le ressentiment de 2 poids, 2 mesures à fleur de peau dans toutes les « rues » du monde promptes à s’enflammer.

Le règlement du conflit israélo-palestinien ne repose pas sur un plan militaire, mais sur une démarche politique imposée par la force au nom du droit.

À quoi sert l’exécution du Cheikh Yassine, au nom de la condamnation de ses appels monstrueux à la guerre sainte contre Israël, si cela fait éclore des clones proliférant et fanatisés qui, eux, ne sont pas coincés sur des fauteuils roulants, mais rugissant et fervents, résolus à la vengeance et à la croisade ?

Que faudra-t-il dire lorsqu’en retour des enfants juifs, qui ont le droit comme tous les enfants du monde d’aller en sécurité en bus à l’école, périront au terme d’un attentat suicide ?

Nous devons nous réapproprier par solidarité active le conflit israélo-palestinien. Remettre les projecteurs de l’actualité sur l’espoir de l’accord de Genève, auquel il faut donner corps. Ressortir de nos tiroirs la « feuille de route » du quartette, utile au rétablissement de la paix.

Le terrorisme n’aura jamais d’alibi. Veillons cependant à ce que nos silences, nos prudences et nos impuissances ne lui donnent de nouvelles armes, de nouvelles causes et de nouvelles recrues.

Nous devrions comprendre tant qu’il est temps que nous sommes ses nouvelles cibles.

Dans cette guerre aussi moderne que barbare, l’initiative, l’action et le réveil sont les maillons de notre bouclier.

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